vendredi 27 novembre 2009

Français musulmans rapatriés d'Algérie


L'arrivée en de plusieurs dizaines de milliers de Français musulmans rapatriés d'Algérie est précurseur d'un défi pour la Frane: celui de leur intégration. Par une étude exhaustive de multiples sources (archives, presse, témoignages, associations), l'auteur retrace le quotidien d'une partie de cette population dans un département où ils constituent une minorité importante : le Vaucluse.

Abderahmen Moumen, LES FRANÇAIS MUSULMANS EN VAUCLUSE 1962-1991, Installation et difficultés d'intégration d'une communauté de rapatriés d'Algérie, 2003.

Monsieur le Président, devenez camusien !, par Michel Onfray

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles. (...)

Texte intégral sur lemonde.fr

dimanche 22 novembre 2009

Magazine "Entre Algérie et France"

Magazine "Entre Algérie et France", lieu de rencontres et territoire d'échanges entre cultures.

Si vous souhaitez participer à une e-terview, merci de prendre contact avec le magazine : algerieetfrance@yahoo.fr. N'hésitez pas aussi à laisser vos commentaires aux différents articles du magazine web "Entre Algérie et France".

samedi 21 novembre 2009

Camus reviens, ils sont devenus fous !


Selon Nicolas Sarkozy « Faire entrer Albert Camus au Panthéon, ce serait un symbole extraordinaire. » Mais qu’irait donc faire Camus le libertaire dans l’obscure crypte d’une ancienne église ? Camus reviens, ils sont devenus fous !

Il y a des manipulations politiciennes, des tripatouillages macabres, des détournements de valeurs qui font particulièrement gerber. L’attaque du président de la République contre les restes d’Albert Camus atteint des sommets dans l’obscénité. Les mots nous manqueraient presque devant l’abîme insondable creusé par la vulgarité de ceux qui nous gouvernent. Face à cette monstruosité décomplexée, à cette médiocrité rampante, rappelons quelques vérités qui devraient stopper net toutes les manœuvres en cours.

En 2008, avec le concours notamment de la librairie du Monde libertaire et du Centre international de recherche sur l’anarchisme, la bibliothèque municipale de Lourmarin, village où est enterré Albert Camus, présentait une exposition intitulée Le don de la liberté : Albert Camus et les libertaires. Une initiative qui fut suivie par un colloque sur le même thème. Dans le même temps, les éditions Egrégores ont publié Albert Camus et les libertaires (1948-1960), livre où sont rassemblés et commentés de nombreux textes de et sur Camus qui ne laissent planer aucun doute sur l’engagement du Prix Nobel de littérature 1957 aux côtés des anarchistes.


C’est en rencontrant Rirette Maîtrejean (1887-1968), co-éditrice du journal L’Anarchie avec Victor Kibaltchich (alias Victor Serge), qu’Albert Camus fut initié à la pensée libertaire. Rirette était correctrice à Paris Soir. Albert y était rédacteur et secrétaire de rédaction. Au marbre comme pendant les mois d’exode, en 1940, avec Rirette et les typos, correcteurs et imprimeurs (souvent anarcho-syndicalistes), Camus eut le temps de découvrir les traditions libertaires en France. Peu à peu, Camus, le « camarade absolument parfait », fit la connaissance des anarchistes responsables de diverses publications françaises (Le Monde libertaire, Défense de l’Homme, Liberté, Le Libertaire, Témoins…) ou étrangères (Volonta, Solidaridad Obrera, Arbetaren, Die freie Gesellschaft, Reconstruir, Babel…). Camus collabora régulièrement à certains de ces journaux et rencontra ses animateurs. Il profita même de son séjour à Stockholm, lors de la remise de son prix Nobel en 1957, pour se faire interviewer par Arbetaren et visiter les locaux de la Sveriges Arbetaren Centralorganisation (SAC), l’organisation anarcho-syndicaliste suédoise.


Dans les années 1930, le « Pied-noir » Albert Camus semblait avoir déjà des prédispositions pour les analyses libertaires. Il s’était fait viré du parti communiste, en 1937, parce qu’il soutenait Messali Hadj, leader du Mouvement nord-africain (MNA), parti rival du FLN qui entretenait des contacts avec le mouvement libertaire et les syndicalistes révolutionnaires de La Révolution prolétarienne (où Camus allait écrire). Le drame espagnol touchait aussi particulièrement Camus. Appels, articles et meetings se succédèrent pour venir en aide aux militants antifranquistes. En février 1952, salle Wagram à Paris, il participa à un meeting pour soutenir cinq militants anarcho-syndicalistes de la CNT condamnés à mort. Dans Le Libertaire du 26 juin 1952, il publia un texte pour exposer les raisons de son refus de collaborer avec l'UNESCO où siégeait un représentant de l'Espagne franquiste.


Albert Camus s’exprima régulièrement dans Témoins, revue antimilitariste et libertaire qui était ouverte à tous les courants anars. Une activité qui l’engagea naturellement aux côtés de l’anarchiste Louis Lecoin, dans les colonnes de la publication Défense de l’Homme, mais aussi dans la lutte pour l’obtention d’un statut en faveur des objecteurs de conscience. Écrit par Camus, le projet de statut fut approuvé par les membres du comité de secours aux objecteurs de conscience et diffusé par les militants pacifistes et libertaires, notamment dans un numéro spécial de la revue Contre-courant.


De très nombreux textes politiques et philosophiques aident à bien cerner le Camus qui affirmait : « Bakounine est vivant en moi ». En mai 1952, dans une lettre adressée à Gaston Leval, Albert Camus affirmait que la société de demain ne pourra pas se passer de la pensée libertaire. En 2009, cette évidence devient de plus en plus criante. Que les libertaires retroussent leurs manches si nous ne voulons pas que tous les rêves de Sarkozy deviennent très vite nos pires cauchemars.


L’idée qu’on pourrait profaner la tombe d’Albert Camus pour x ou y desseins glauques suffit à nous remplir d’effroi et de dégoût. Nous étouffons littéralement dans ce pays où règnent sans partage les détrousseurs de cadavres et autres charognards. « Le monde où je vis me répugne, mais je me sens solidaire des hommes qui y souffrent », disait l’auteur de L’Homme révolté qui aurait de quoi être dégoûté et révolté dans la France d’aujourd’hui.


A lire : Albert Camus et les libertaires (1948-1960), éditions Egrégores, 268 pages. 15€.


Paco, novembre 2009

lundi 16 novembre 2009

Les parfums de ma terre - 2008

Réalisateur : Mehdi Lallaoui

Production : France 3 Corse, Mémoires vives Productions

Jacky Malléa est arrière-petit-fils d'immigrés maltais. Il est né dans la petite ville de Guelma qui fut, à l'instar de Sétif en mai 1945, le théâtre d'une effroyable tuerie perpétrée par des milices européennes contre les nationalistes algériens et leurs proches. En 1962, Jacky Mallé subit l'exode des pieds-noirs d'Algérie puis reconstruit sa vie en France. Plus tard, il découvre un secret familial qui le conduit à revenir sur sa terre natale faire connaissance avec sa famille algérienne.

Ce film fait partie d'un triptyque, une traversée de la guerre d'Algérie autour de portraits d'hommes et de femmes représentant trois groupes mémoriels, aux engagements et aux itinéraires différents.

La série documentaire propose un décryptage des drames de cette guerre en trois volets et donne à découvrir des histoires inconnues, occultées ou très peu abordées.

Le premier volet "En finir avec la guerre…" aborde l'itinéraire de plusieurs appelés qui ont fait la "sale guerre". Ils oeuvrent aujourd'hui à travers leur association (l'Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre) à des actions de solidarité concrète et de développement en direction de villages d'Algérie qui, il y a quarante ans, subirent de plein fouet les destructions liées à cette guerre.
Le deuxième volet, "Les parfums de ma terre", traite quant à lui d'un Français d'Algérie, né à Guelma et issu d'une famille Algérie Française (ses oncles ont participé activement à la répression de mai 1945 et étaient OAS dans les années soixante). Jacky Malléa a toujours vécu fraternellement avec les Algériens.
Lors de son service militaire, il a refusé de rejoindre une unité combattante. Il se découvrira à près de quarante ans une famille algérienne. Nous le suivrons sur sa terre natale à la recherche de ses souvenirs.
Enfin le troisième volet est construit autour de Jacques Charby, comédien, qui fut l'un des piliers du "Réseau Jeanson" que l'on appela "Les porteurs de valises". Ils furent quelques centaines à aider le FLN en France à échapper aux "mauvais traitements" de la police. Pas toujours avec succès…

samedi 14 novembre 2009

Colloque - Perpignan

Colloque - Quelles sources pour une histoire de la violence ?

13 et 14 novembre 2009, UPVD (Amphi Y)


Programme du samedi après-midi

14 heures 30

Céline Regnard-Drouot, MCF université d’Aix-Marseille,

Étudier la violence à partir des archives judiciaires. Quelques remarques sur le cas de Marseille au XIXe siècle.

Nicolas Krautberger, docteur ès lettres, laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes, Grenoble,

Alpes/Algérie : sources et historiographie de l’étude d’un transfert de savoirs et de savoirs-faires administratifs autour de la répression des délits forestiers dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Discussions

Nicolas Lebourg, docteur ès lettres, ATER Université de Perpignan et Dominique Sistach, MCF de droit public, Université de Perpignan,

Le droit de l’archive et la morale de l’histoire ; les limites juridiques de l’écriture de l’histoire présente : le cas François Duprat.

Pause

Marie Goupy, ENS Paris,

De l’utilisation de la torture durant la guerre d’Algérie : l’état d’exception et la violence d’État.

Moumen Abderahmen, docteur ès lettres, Université de Perpignan,

Les massacres de harkis à travers les archives du service historique de l’armée de terre.

jeudi 5 novembre 2009

Dictionnaire de la colonisation française


Présentation de l'éditeur :
Jamais la colonisation, un demi-siècle après les guerres d'Indochine et d'Algérie, jamais l'esclavage -150 ans après l'abolition - n'ont été aussi présents dans la vie publique. Le temps des colonies apparaît comme un passé qui ne passe pas, l'enjeu de conflits de mémoires, sur fond de malaise de la mémoire officielle. Ce dictionnaire veut être pour un large public, loin de tout manichéisme, un ouvrage de référence en présentant des informations sûres, les débats et les points de vue représentatifs des études françaises et étrangères, les renouvellements des connaissances. Il étudie les aspects multiples de la situation coloniale qui a imprimé sa marque dans les domaines les plus divers. Comment comprendre notre monde sans donner toute sa place à ce phénomène majeur ?

Claude Liauzu (dir.), Dictionnaire de la colonisation française. Paris, Larousse, Collection « À présent », 2007, 654 pages.