lundi 27 décembre 2010

Le premier livre objet sur la guerre d'Algérie


Pendant plus d'une année, Benjamin Stora est allé à la rencontre de ceux qui ont participé à ce long conflit : anciens combattants d'Afrique du Nord, d acitve ou appelés, militants nationalistes du FLN-ALN, harkis, pieds-noirs, opposants à la guerre. Tous ont ouvert leurs archives, à la recherche des traces du passé.

Le choc d'un livre tout en couleurs, grâce aux « Instamatic Kodak » des appelés et aux couleurs des documents originaux. Plus de 100 documents inédits en fac-similés, rassemblant toutes les mémoires de ce conflit fratricide en un seul livre.

- Benjamin Stora, Tramor Quemeneur, Algérie 1954-1962 : Lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre, ARENES EDITIONS, 2010.

Yanis en Algérie


Yanis a onze ans. Il habite à Belcourt, un quartier d'Alger. Drôle et émouvant, son récit nous fait découvrir, au fil des jours, l'Algérie d'aujourd'hui. Sous la forme d'un journal Yanis, raconte sa vie dans un style simple, précis et sensible.

De nombreux volets à soulever et un superbe dépliant panoramique de quatre pages au milieu du livre. À chaque page, une mine d'informations documentaires (l'école, l'islam, le pétrole, les animaux du désert...) répond aux questions des enfants.

Le journal de Yanis en Algérie, raconté par Mohamed Kacimi, illustré par Charlotte Gastaut et Christian Heinrich.

Prix Germaine Tillion 2010 de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense


Dans les années 1890, on assiste à une dénonciation croissante des abus de pouvoir en Algérie coloniale. La compétition électorale de la minorité française en est souvent à l'origine. Mais l'attention du Parlement et de la presse métropolitaine grandit pour transformer ces affaires en « scandales algériens ».

Ils donnent à voir un système politique et administratif gangrené par la violence, le clientélisme et la corruption qui sont nourris par l'abondance des fonds publics dans une colonie de peuplement boudée par le grand capital. Comme pratique et représentation du pouvoir, l'abus est alors facilité par le droit, la confusion du droit et la défaillance des institutions de contrôle, dans un contexte plus général de sous-administration. Ces données sont parfaitement intégrées par les agents de l'État et l'ensemble des ad de contournement, propres à faire durer le système.

- Didier Guignard, L'abus de pouvoir dans l'Algérie coloniale (1880-1914). Visibilité et singularité, PUPO, 2010.

dimanche 5 décembre 2010

D’Alger à Mai 68

Ceux qui, dans les années 1960 et 1970, ont cru à l’effondrement du vieux système d’exploitation et d’oppression, n’ont pas tous sublimé leur révolte et accepté de se couler dans les institutions.

Né à Alger en 1941, François Cerutti a rapidement rejoint ceux qui, en France, ont milité pour l’indépendance de l’Algérie. Pour lui, la révolte des peuples colonisés contre la domination criminelle des colonisateurs était un signe de l’imminence du renversement de la société bourgeoise. Insoumis, il part pour le Maroc. À Alger, de 1962 à 1965, il travaille dans une entreprise autogérée. Avec un petit groupe de membres de la IVe Internationale, il milite pour la consolidation du secteur autogéré face à la volonté de mainmise toujours plus forte du FLN et du gouvernement sur celui-ci.

En 1965, le coup d’État de Boumediène le fait rentrer en France, où l’armée l’oblige à faire le service militaire auquel il s’était soustrait. Il s’y heurtera à la bêtise et à la vindicte de l’institution, qui l’enverra pour quelques mois en prison.

Mai 68 le trouve aux premières loges, puisqu’il habite au Quartier latin et y travaille dans une librairie militante, vouée à la critique du léninisme et des régimes qui s’en réclament. Il participe à la coordination des comités d’action des entreprises de la région parisienne. Surtout, le mouvement de Mai renforce sa conviction que « le monde va changer de base » et que les vieilles organisations du mouvement ouvrier, piliers de l’ordre existant, devront être balayées.

Le récit de ce cheminement qui, d’un « pied-noir » fera un « pied-rouge », d’un révolté un révolutionnaire, c’est aussi celui de rencontres, d’actions militantes, de réflexions qui ont influencé toute une génération, dont une partie continue à affirmer, comme François Cerutti : « La nécessité de changer ce monde est de plus en plus évidente et urgente. »

Avant-propos de Mohammed Harbi.

- François Cerutti, D’Alger à Mai 68, Mes années de révolution, Editions Spartacus, 2010.