samedi 27 février 2010

Sylvie Testud ravigote les combats de Louise Michel

La réalisatrice Solveig Anspach apprend vite et bien. Subtilement, elle a su mettre en valeur les multiples talents de Louise Michel (1830-1905), cette formidable combattante anarchiste, féministe, antiraciste et anticolonialiste qui était par ailleurs institutrice, botaniste, ethnologue, poétesse, infirmière… « Ce qui est passionnant avec Louise Michel, c’est que cette femme est totalement moderne, à l’écoute du Monde qui l’entourait, des gens et de la Nature, explique Solveig Anspach. Ce que nous avons essayé de faire, d’abord avec Jean-Luc Gaget (mon co-scénariste) puis après avec Sylvie, c’est de nous dire « en quoi cette femme peut raisonner en nous et qu’est ce qui va faire qu’on va pourra s’identifier à elle, et donc se sentir à sa place ? »

Les premières secondes du film nous ramènent au 16 décembre 1871. Ce jour-là, Louise Michel passait en procès pour son ardente participation à la Commune de Paris (18 mars – 28 mai 1871). Les bouchers versaillais n’étaient pas rassasiés avec les tueries de la Semaine sanglante qui avaient massacré le peuple montant « à l’assaut du ciel », comme disait Karl Marx. Les survivants risquaient gros. « J'appartiens tout entière à la révolution sociale, et je déclare accepter la responsabilité de mes actes, lança Louise Michel à ses juges. Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi ! » Louise fut condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie.

Après un long périple sur le Virginie, la déportée Louise Michel arriva sur la presqu’île de Ducos en 1873. Henri Rochefort et Nathalie Lemel étaient du voyage. D’autres communards les avaient précédés. Parmi eux, Charles Malato, un journaliste anarchiste. Des chants révolutionnaires réconfortaient les vaincus : « C’est la canaille, et bien j’en suis ! » En métropole, c’était la débandade. Gustave Flaubert, Théophile Gauthier, Georges Sand et consorts crachaient sur la Commune. « Ces clubs d’écrivains, tous des lâches comme toujours », pestait Rochefort.

Le décor calédonien est paradisiaque, mais pas pour tout le monde. Brutalités, exécutions, privations de nourriture, censure… rythmaient les semaines des déporté-e-s. Habillée en noir, « parce que je porte le deuil de la Commune », Louise Michel soignait les hommes, les animaux… et les plantes. Elle affrontait militaires et curés, « l’homme ne sera jamais libre tant qu’il n’aura pas chassé Dieu de sa raison ». Les déportés politiques qui prêtaient main forte à l’armée pour mater la révolte des Kanaks la remplissaient aussi d’horreur et de dégoût, « parfois je désespère de l’être humain ».

Amie et solidaire des Kanaks, Louise apprit leur langue et leurs coutumes. Elle alla jusqu’à publier des légendes kanakes. Son rêve, inaccompli, était d’ouvrir une classe mêlant enfants européens et mélanésiens. Les mentalités n’étaient pas prêtes. À la fin de son séjour forcé, consacrant sa semaine aux écoliers blancs de Nouméa, la « dame aux chats » réserva donc ses dimanches aux « nuées » de jeunes kanaks. Elle se lia également avec les révoltés kabyles déportés.

De son exil, Louise écrivait beaucoup. À Victor Hugo avec qui elle correspondait depuis sa jeunesse. À Georges Clémenceau qui milita pour l’amnistie des Communards... avant de devenir ministre de l’Intérieur, le furieux Tigre qui réprima dans le sang la révolte des vignerons en 1907 et les grévistes de Draveil en 1908. Le film nous la montre écrivant aussi au président de la République pour l’insulter tous les 28 du mois en mémoire de son compagnon Théophile Ferré qui fut exécuté le 28 novembre 1871.

Après l’amnistie générale de juillet 1880, la colère de Louise Michel ne se calma pas. Entre congrès et meetings anarchistes européens, manifestations de chômeurs et séjours en prison, éditions de livres et rédaction d’articles, sa vie fut terriblement tumultueuse. Louise mourut à Marseille le 5 décembre 1905 au retour d’une série de conférences en Algérie. Promesse faite aux insurgés kabyles rencontrés en Nouvelle-Calédonie. Cent vingt mille personnes bouleversées suivirent son enterrement. Révolutionnaire et romantique, l’Insoumise assurait que « la révolution sera la floraison de l’humanité comme l’amour est la floraison du cœur ».

« J’ai l’impression que la Commune, au sens large, et Louise Michel en particulier, résonnent très fort aujourd’hui, souligne Solveig Anspach. Elle dit des choses qui font écho à ce que vivent aujourd’hui les gens au quotidien, pas seulement les femmes, mais les gens dans la misère, les ouvriers, les travailleurs ou les sans-papiers. »

Tournée en Nouvelle-Calédonie (un choix symbolique très fort) avec des acteurs Kanaks dans le rôle de leurs ancêtres, dont Daoumi, voici une fiction intelligente qui frôle d’assez près la réalité d’hier... et d’aujourd’hui. « Ce n'est pas une miette de pain, c'est la moisson du monde entier qu'il faut à la race humaine, sans exploiteur et sans exploité », affirmait la rebelle finement incarnée par Sylvie Testud. En 2010, les aspirations égalitaires de la militante qui n’était ni vierge ni rouge résonnent encore dans ce monde hanté par des pouvoirs médiocres et criminels. « Le pouvoir est maudit et c'est pour cela que je suis anarchiste », résumait Louise Michel. CQFD.

Louise Michel la rebelle, un film de Solveig Anspach avec Sylvie Testud, Nathalie Boutefeu, Bernard Blancan, Alexandre Steiger, Augustin Watreng, Éric Sauvion-Caruso… d’après un scénario original de Jacques Kirsner et Michel Ragon. Durée 1h30. Diffusion le 6 mars, à 20h35, sur France 3. Sortie en salles le 7 avril.

Paco, 27 février 2010.

http://www.lepost.fr/article/2010/02/26/1961883_sylvie-testud-ravigote-les-combats-de-louise-michel.html

jeudi 25 février 2010

Devenir métropolitain. Politique d’intégration et parcours de rapatriés d’Algérie en métropole (1954-2005)



Ce livre retrace l'histoire du parcours des rapatriés d’Algérie, leur mutation en métropolitains, et révèle la première politique d'intégration de l'État faite à l’intention de migrants. Inédite, cette étude fait aussi entendre la voix des rapatriés.

En posant la question de l'action de l’État français dans le « devenir métropolitain », Yann Scioldo-Zürcher montre une vigoureuse politique d’intégration à l’œuvre qui dément à la fois une histoire trop larmoyante et met au jour l’action de l’État. Pour comprendre cette histoire d’une émigration/immigration/installation, Yann Scioldo-Zürcher revient d’abord sur les populations présentes en Algérie coloniale et les conditions dramatiques du départ.

Yann Scioldo-Zürcher, Devenir métropolitain. Politique d’intégration et parcours de rapatriés d’Algérie en métropole (1954-2005), Editions EHESS, 464 pages, 2010

Dictionnaire Algerie - France


L’Algérie et la France, dictionnaire coordonné par Jeannine Verdès-Leroux, Paris, Editions Robert Laffont, collection Bouquins, 901 pages, 2009.

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier


L'histoire de l'Algérie durant sa colonisation par la France fait l'objet de controverses passionnées où la question sociale redevient centrale. Appartenant à la série Maghreb du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, cet ouvrage présente les figures politiques, syndicales, intellectuelles qui ont marqué l'Algérie du milieu du XIX siècle jusqu'à 1962.
Fruit de vingt ans de recherche, ce dictionnaire biographique ouvre un champ d'études original car l'Algérie, comme tout le Maghreb, est le lieu d'interférence de trois types de militants : les Européens d'Afrique du Nord en majorité français qui introduisent le syndicalisme et le socialisme sans toujours remettre en cause le régime colonial ; les nationaux qui deviennent majoritaires et s'engagent progressivement dans la lutte pour l'indépendance, les émigrés qui, travaillant en métropole, sont au croisement de ces deux inspirations.

René Gallissot est professeur émérite de l'université de Paris 8. Il a dirigé l'ouvrage Mouvement ouvrier, communisme et nationalismes dans le monde arabe (Éditions de l'Atelier, 1978).

René Gallissot, Engagements sociaux et question nationale - De la colonisation à l'indépendance de 1830 à 1962 Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : Maghreb, Les Editions de l'Atelier, 605 pages, 2007.

Le nationalisme algérien avant 1954

9782271068682

Comment comprendre l’Algérie d’aujourd’hui à moins d’un retour critique sur l’histoire ? Ce livre réunit neuf des premières études de Benjamin Stora qui gardent leur pertinence et éclairent comme jamais l’actualité. C’est toute la complexité et la pluralité du nationalisme algérien dans sa phase de constitution entre 1920 et 1954 qui est ici montrée. En quoi les débats de la période 1935-1938 avec le Front populaire et le mouvement communiste se retrouveront-ils dans la guerre d’Algérie ? Quel rôle a joué l’islam ? Comment, à travers les contradictions régionales, a percé la conscience nationale ? Pourquoi la représentation paysanne dans la marche du nationalisme est- elle demeurée faible ? Quelle est la signification des affrontements idéologiques qui ont traversé la direction de l’organisation nationaliste à la veille du 1er novembre 1954 ? Comment se sont organisées les « batailles de mémoire » entre dirigeants pour consolider une légitimité historique ?

Toutes ces questions décisives ouvrent sur une compréhension du présent. Un volume exemplaire où se laisse voir la genèse intellectuelle d’un des plus grands spécialistes de l’Algérie et qui ouvre, de façon surprenante, sur une saisie renouvelée du présent.

Benjamin Stora, Le nationalisme algérien avant 1954, CNRS Editions, 346 pages, 2010

dimanche 14 février 2010

"Entre Algérie et France"

Magazine "Entre Algérie et France", lieu de rencontres et territoire d'échanges entre cultures.

Si vous souhaitez participer à une e-terview, voici les 20 questions. Vous pouvez envoyer par mail votre e-terview : algerieetfrance@yahoo.fr. N'hésitez pas également à laisser vos commentaires aux différents articles du magazine web "Entre Algérie et France".

L'équipe de "Entre Algérie et France"



LES QUESTIONS DE L'E-TERVIEW :

1/ Quelle est l’origine de votre arrivée en Algérie ? A quelle époque date l’installation de
votre famille en Algérie ?
2/ Quels étaient vos liens avec les Algériens lorsque vous étiez enfant puis adulte ?
3/ Quelles ont été les conditions de travail de votre famille en Algérie ?
4/ Cinq mots commençant par la première lettre de votre prénom ?
5/ Faîtes moi part d'un de vos souvenirs d'Algérie ?
6/ L’indépendance était-elle inévitable ?
7/ Que pensez-vous des gros propriétaires terriens "colons" français ?
8/ Quels sont vos sentiments à propos de l’OAS ?
9/ Que pensez-vous de De Gaulle ?
10/ Cinq mots pour définir votre Algérie ?
11/ Qu’est-ce qu’une personne déracinée selon vous ?
12/ Que pensez-vous du FLN ?
13/ Que pensez-vous des français de métropole lors de la guerre d’Algérie ?
14/ Faîtes moi part de vos conditions d’arrivée en métropole ?
15/ Lors de cette arrivée par quoi avez-vous été vous le plus surpris ?
16/ Quelles ont été vos déceptions ? Quelles étaient vos aspirations lors de l’arrivée en métropole ?
17 / Avez vous un message à faire passer aux Algériens ?
18/ La France (la métropole) est-elle après toutes ces années votre pays ? Expliquez pourquoi ?
19/ Qu’est-ce que l’intégration selon vous ? Les Pieds Noirs ont-ils été intégrés ? S’il y
a eu intégration ou s’il n’y a pas eu intégration, quelles en sont les raisons selon vous ?
20/ Par quoi avez-vous envie de terminer votre E-terview ?

samedi 6 février 2010

Jean Sénac - Le Soleil assassiné

Le poète Jean Sénac, également animateur de radio, est un Pied-noir qui a choisi de rester en Algérie après l'indépendance de son pays en 1962. Dix ans plus tard, il est surveillé par la police du régime. Ses poèmes attirent un public populaire et son émission rencontre un véritable succès auprès de la jeunesse. Aussi, quand Hamid et Belkacem, deux étudiants, apprennent que la pièce qu'ils ont écrite et présentée au premier festival national du théâtre algérien est déclassée sous prétexte qu'ils l'ont jouée en français, leur peine va être atténuée par la présence en coulisses de Jean Sénac qui les félicite. Ces derniers vont devenir des intimes du poète et assister à son combat pour la liberté et la culture de la jeunesse algérienne. Combat qui mènera Sénac jusqu'au martyre : une nuit d'août 1973, il est assassiné dans la cave qui lui servait d'appartement. Hamid est accusé du meurtre.

La genèse du projet.
A l'origine, le réalisateur Abdelkrim Bahloul souhaitait réaliser un documentaire sur Jean Sénac, qui avait su prédire selon lui les années sombres de la guerre civile qui toucha l'Algérie au début des années 90. Le projet de documentaire se transforma en fiction en 1996, lorsque se déroula l'assassinat des moines de Tibehirine. "J'ai éprouvé la même honte que celle ressentie lorsque j'avais appris l'assassinat de Sénac en 1973", explique Abdelkrim Bahloul. "L'idée que l'on s'attaquait lâchement aux plus fragiles, à ceux qui s'étaient installés parmi nous - en Algérie - pour partager notre labeur et nos peines m'était insupportable. Le film sur Sénac m'a paru d'autant plus nécessaire, urgent. Devant la difficulter à monter un documentaire, j'ai pensé à écrire une fiction qui s'inspirerait de la vie de Sénac.

Coup de projecteur sur Jean Sénac.
"Le Soleil assassiné" porte un regard sur l'Algérie à travers la figure du poète pied-noir Jean sénac, incarné dans le long-métrage par Charles Berling. Né en 1926 dans la région d'Oran, celui-ci fait ses débuts à Radio Alger puis se spécialise dans la poésie, fréquentant notamment Albert Camus. Après avoir adhéré au Front de Libération Nationale, Jean Sénac devient de plus en plus populaire : son émission de radio "Poésie sur tous les fronts" est un franc succès, notamment auprès de la jeunesse. Mais il agace le pouvoir en place par ses prises de positions en faveur des minorités, sa défense de la francophonie et son homosexualité affichée. Il est très vite renié par le régime qui l'amène à quitter sa villa et à mettre un terme à son émission. Jean Sénac meurt assassiné en 1973 dans des circonstances jamais élucidées.

Un petit tour par Venise.
"Le Soleil assassiné" a été présenté lors du Festival de Venise 2003. La même année, il a reçu le Golden Zénith du Festival du Film de Montréal. En 2004, le long-métrage faisait partie de la sélection de la Biennale du cinéma arabe à Paris.

http://www.toutelapoesie.com/poetes/jean_senac.htm

Mémoire de Pieds-Noirs

La vibration de la voix, l'empathie du discours, l'ampleur généreuse du geste ne pouvaient tromper. Oui, le général de Gaulle les avait compris et n'allait pas les abandonner, eux, ces pieds-noirs en plein désarroi qui avaient trouvé leur sauveur. C'était il y a 50 ans, le 4 juin 1958, sur le Forum à Alger. Le Général lançait son célèbre " Je vous ai compris ! ", déchaînant l'enthousiasme de la foule. Mais quatre ans plus tard, après avoir cru aveuglément que l'Algérie resterait française, un million de pieds-noirs prenaient le chemin de l'exil, payant ainsi tragiquement leur tribut au sens de l'Histoire. Cet ouvrage se propose de donner libre cours à la parole, si subjective soit-elle, de ces " rapatriés " que la France n'accueillit pas toujours comme les siens. De laisser affleurer les souvenirs, les émotions, les expériences les plus diverses d'une vie qui a pris fin pour eux il y a 45 ans.

Dominique Fargues, née en 1975, réalise des reportages et des documentaires d'histoire, de société et de culture pour la télévision. Elle a déjà coécrit, avec Arnaud Muller, Mémoires de mineurs (Flammarion, 2007)

Dominique Fargues, Mémoire de Pieds-Noirs, Flammarion, 2008.

Français du Maroc

Souvent d'origine méditerranéenne, de nombreuses familles ont vécu en Afrique du Nord à l'époque de la présence française. Ainsi les Conesa, Espagnols passés par l'Algérie. Leurs enfants, trois fils et une fille, Victorine, voient le jour en Oranie au début du XXe siècle. Les mariages entre nationalités sont alors monnaie courante : lorsque Victorine épouse Camille-Eugène Grouix, d'origine auvergnate, débute l'histoire franco-espagnole de cette famille. Or, tous les Pieds-Noirs ne sont pas algériens. A compter de 1928, cette vie nomade se poursuit dans un pays voisin, où d'autres Français ont vécu au temps du protectorat voulu par Lyautey. C'est là, dans une cité bâtie ex nihilo, que naît en 1941 Camille Grouix. Il passera dix-sept ans dans un pays qu'il quitte au temps de la décolonisation pour ne jamais y revenir. Il n'en parlera pas davantage. L'auteur a pourtant voulu creuser cet assourdissant silence. Car, trame et drame des jours, grande histoire et petites histoires, ces pages sont d'abord écrites par un fils. Elles sont, dirait Camus, une "recherche du père". En effet, si ce pays particulier est le Maroc, si cette ville surgie de rien s'appelle Fez-Ville Nouvelle, cet homme est son père.

Pierre Grouix , Une jeunesse marocaine : Français du Maroc, Editions du Rocher, 2008.

vendredi 5 février 2010

El-Biar - Reims : 2-0


L'Equipe - le 02/02/1957

El-Biar - Reims : 2-0 (16ème de finale)
Longtemps, très longtemps, la performance du Sporting Club Union d'El-Biar a servi de valeur étalon à tous les David triomphant des Goliath. Ce 2 février 1957, à Toulouse, un petit club algérois de division d'honneur réussit l'un des plus grands exploits de l'histoire du sport français en éliminant le grand Stade de Reims (2-0), finaliste de la Coupe d'Europe des clubs champions quelques mois plus tôt. Retour sur la surprise du siècle.

En cet hiver 1957, Alger vit dans la terreur. Arrivé à Toulouse-Blagnac, un des dirigeants du club algérois a cette réflexion : «Depuis vendredi, nous vivons dans une atmosphère de calme et de sérénité. Plus de couvre-feu, plus d'attentats au coin de la rue comme à Alger...». Guy Buffard, l'entraîneur-joueur d'El-Biar, est un admirateur du jeu rémois et un fan d'Albert Batteux. Peu importe l'issue de la rencontre, il attend avec impatience de pouvoir «échanger» avec son maître. Au cours de la discussion, Buffard demande à Batteux de ne pas se montrer trop impitoyable du côté du tableau d'affichage, si toutefois Reims prenait rapidement l'avantage. Au coup d'envoi, Reims est au complet, seul manque à l'appel, Just Fontaine, militaire sous le coup d'une mesure disciplinaire. Même les conditions de jeu sont favorables aux Rémois. Les amateurs sont habitués aux terrains secs et pierreux, rien à voir avec la tendre pelouse du Stadium de Toulouse, ils vont devoir changer de crampons.

Les joueurs d'El-Biar réussissent la meilleure entame de match possible. Ils ouvrent la marque, dès la 4e minute, sur un coup-franc de... Guy Buffard. Peu avant la 20e minute, Roland Almodovar prend de vitesse Robert Jonquet et marque. Menés 0-2, les Rémois s'énervent. A la mi-temps, l'euphorie s'installe dans le vestiaire algérien. Dans un coin reposent les bouteilles de champagne que le président rémois, Henri Germain, a offertes avant la rencontre. Certains veulent déjà «faire sauter les bouchons». La seconde période se résume à une attaque-défense, à sens unique. Reims fait le siège du camp algérois. Le gardien d'El-Biar, Paul Benoît, fait la partie de sa vie. Plus les minutes passent et moins El-Biar pense à jouer "à la rémoise". Benoît stoppe encore deux tirs de Bliard et Leblond. La nouvelle de l'inimaginable exploit fait le tour de la métropole et de l'Algérie. Henri Germain résume le match : «Nos adversaires tirent trois fois et marquent deux buts. Nos avants shootent à vingt reprises et manquent tout. C'est désespérant !» Le siècle est terminé, mais on n'a toujours pas fini de parler d'El-Biar...

LA FEUILLE DE MATCH
Le 2 février 1957, Toulouse (Stadium)
SCU EL-BIAR (DH) - STADE REIMS : 2-0 (2-0)
Buts : Buffard (4e), Almodovar (19e) pour El-Biar.
EL-BIARD : Benoît - Issaad, Florit, Baroni, Taberner, Lapasset, Buffard, Chakhor, Vidal, Baeza, Almodovar. Entr. : G. Buffard.
REIMS : R.-J. Jacquet - Penverne, Jonquet, Cicci - Leblond, Siatka - Hidalgo, Bliard, Glovacki, Piantoni, Vincent. Entr. : A. Batteux.

Football en Algérie


Roland Auvray,
Livre d'or du football Pied-Noir et Nord-Africain, Toulon, Les Presses du Midi, 1995.


Michel Nait-Challal :
Dribbleurs de l'indépendance. L'incroyable histoire de l'équipe de football du FLN algérien. Éditions Prolongations, 2008.

Sables d'exil, les républicains espagnols dans les camps d'internement au Maghreb (1939-1945)

Au coeur de l'OAS


Grâce à des archives inédites contenant les échanges de courriers et de nombreux rapports émanant de l'OAS, les copies de correspondances entre la délégation générale, l'Elysée et les préfets, ce livre permet enfin de retracer, sans légendes ni reconstitutions, et au quotidien, la vie de cette organisation clandestine et terroriste. L'ouvrage s'attache aussi à remettre en perspective la situation de l'OAS alors que la guerre d'Algérie s'achève. Le face-à-face entre l'OAS et l'Etat est saisissant. Les archives éclairent en particulier, sur fond de négociation des accords d'Evian, le choix et la mise en œuvre de la politique de la " terre brûlée " tout comme les réactions des autorités civiles et militaires qui ploient devant la force d'une OAS qu'elles n'ont jamais (de leur aveu même) réussi à infiltrer.

Olivier Dard est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Metz. Il a publié plusieurs ouvrages parmi lesquels La Synarchie, le mythe du complot permanent (Perrin 1999) et Le Rendez-Vous manqué des relèves des années trente (PUF, 2002).

Olivier Dard, Voyage au coeur de l'OAS, Librairie Académique Perrin, 423 pages, 2005.

Albert Camus et l'Algérie


Entre Camus et l'Algérie existe un lien ténu. Cette « longue liaison qui sans doute n'en finira jamais » est la trame de sa vie, de son oeuvre et de ses engagements. Une liaison toujours heureuse, parfois difficile et contradictoire. Mais une liaison souvent menacée du fait de l'histoire et de la tuberculose que Camus devra assumer sa vie durant. Fardeau de la souffrance et de la mesure, cette maladie lui impose de vivre dans la précarité de l'instant conjugué à un futur toujours aléatoire. Écrivain, philosophe, moraliste, homme de théâtre et journaliste, Albert Camus n'a jamais voulu être un maître à penser. Tout juste un compagnon de vie que nous retrouvons ici, à travers cette Algérie dont il a tiré force et inspiration, mémoire et silence.

- José Lenzini, Camus et l'Algérie, Editions Edisud, 160 pages, 2010


L’Algérie demeure présente dans toute l’œuvre d’Albert Camus, en filigrane ou en pleine clarté. Il a toujours gardé au cœur l’inguérissable blessure d’un “monde de pauvreté et de lumière”. Mais ses textes, très lucides, parfois prémonitoires, ne sont pas toujours partagés par ceux, de part et d’autre de la fracture historique, qui vivent et meurent pour cette terre. Ce livre reprend les échanges des intervenants présents lors de la 20ème Rencontres Méditerranéennes Albert Camus. Cet ouvrage est issu des différentes interventions aux Journées des 10 et 11 octobre 2003, organisées au château de Lourmarin (Vaucluse) par l’association Rencontres Méditerranéennes Albert Camus. Cette 20ème Rencontre Méditerranéenne a notamment réuni, autour de la mémoire d’Albert Camus, cinq écrivains algériens contemporains Aziz Chouaki, Abdelmadjid Kaouah, Maïssa Bey et Alek Baylee Toumi, ainsi que Annie Cohen. Ceux-ci ont ouvert le dialogue et l’échange, autour d’un patrimoine littéraire commun entre les deux rives de la Méditerranée dont Albert Camus est un des représentants les plus prestigieux.

- Albert Camus et les écritures algériennes, Editions Edisud, 192 pages, 2004.
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Editions Edisud
Groupe Calade Diffusion
360, rue Famille Laurens
Pôle d'activité d'Aix-en-Provence
13854 Aix-en-Provence Cedex 3
www.edisud.com

mardi 2 février 2010

Alphabétisation

A quoi servent mes poèmes

Si ma mère ne sait me lire?
Ma mère a vingt ans
Elle ne veut plus souffrir
Ce soir elle viendra
Epeler mes lettres
Et demain elle saura
Ecrire
Emancipation.


A quoi servent mes poèmes
Si mon père ne sait me lire?
Mon père a cent ans
Il n’a pas vu la mer
Ce soir il viendra
Epeler mes lettres
Et demain il saura
Lire
Dignité.


A quoi servent mes poèmes
Si mon copain ne sait me lire?
Mon copain n’a pas d’âge
Il a vécu dans les prisons
Ce soir il viendra
Epeler mes lettres
Et demain il saura
Crier
Liberté.

Rachid Boudjedra

mardi 19 janvier 2010

Regards sur le Cinéma Algérien 2010

Regard sur le cinéma Algérien

Pour sa 3ème édition, le cinéma algérien est programmé dans toute la région Languedoc-Roussillon entre le 19 janvier et le 30 mars 2010.

L’inauguration de la manifestation "Regards sur le Cinéma Algérien" qui aura lieu le Mardi 19 Janvier à 18h15 à la Maison des Relations Internationales de Montpellier suivie de la projection en avant-première internationale du film "Mouloud Feraoun" au cinéma Diagonal Capitole à 20h en présence du réalisateur Ali Mouzaoui.

Pour l’édition 2010, cette manifestation sera élargie sur de nouveaux lieux et publics pour arriver à 22 villes et 40 lieux de projection dans l’ensemble du territoire de la Région Languedoc-Roussillon.

Films des Deux Rives Distribution 2 rue Lacombe 34000 Montpellier

Maghreb, si loin, si proche

13e Festival de Cinéma
Maghreb si loin si proche
Boulevard laïque des cultures
15 - 31 janvier 2010

Janvier 2010 verra revenir, pour sa 13e édition, le temps de Maghreb, si loin, si proche, manifestation chaleureuse et inventive, lieu d'échange et de parole libre, un boulevard laïque des cultures, pour relier l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord.

C’est un Festival de Cinéma qui a été fondé en 1997. L'organisation du festival s'est peu à peu élargie à un collectif qui regroupe l'Association Cinémaginaire, la Ville de Cabestany, la Ville d'Argelès sur Mer, la Ville d'Elne, l'Association Coup de Soleil, l’Institut Jean Vigo de Perpignan, les Ciné-Rencontres de Prades, le Collectif de St Paul, les Amis de Cinémaginaire, les Amis du Cinoch' de Carcassonne, Ciném’Aude dans l’Aude, et des individus. Le Festival se déroule sur 2 semaines, et sur 12 sites différents des Pyrénées Orientales (Banyuls sur Mer, Argelès sur Mer, Elne, Cabestany, St Paul de Fenouillet, Prades et Perpignan) et de l’Aude (Carcassonne, Lézignan, Limoux, Gruissan et Quillan).

Le festival réunit des créateurs rares des pays du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc), et d’autres pays du pourtour méditerranéen (France, Egypte, Palestine,…), autour de films, d’expressions artistiques libres, de paroles et de moments festifs.

Au menu de ce 13e festival :
• des invités singuliers présentant des films rares
• des débats et un colloque
• des expositions de peinture et photos
• des livres et des conférences
• de la musique, des buffets, des soirées festives …

http://www.cinemaginaire.org


mercredi 6 janvier 2010

"Les valises sur le pont : ils ont quitté l'Algérie"

Exposition au Palais des Rois de Majorque de Perpignan du 18 janvier au 14 février "Les valises sur le pont : ils ont quitté l'Algérie, la mémoire maritime des rapatriements d'Algérie" organisée par l'association French Lines et le Musée-Mémorial Camp de Rivesaltes.

Palais des Rois de Majorque - 4 Rue des Archers - Perpignan
0uvert tous les jours de 9h00 à 17h00
Entrée : 2 euros

vendredi 1 janvier 2010

Cinq mots pour définir l'Algérie par nos E-terviewés


- Paix, Avenir, Richesse, Amour, Respect

- Senteurs, Chaleur, Beauté, Mélange, Parfums

- Famille, Amis, Nature, Simplicité, Joie de vivre

- Pays natal, Famille, Bonheur, Abandon, Blessure

- Colonisation, Déchirure, Racines, Guerre, Fraternité

- REGRET, COLONISATION, NATIONALISME, EXPLOITATION, CHANGEMENT DE MAITRES

- Fraternité, Joie de vivre, Respect des valeurs, Amour de la terre, Française

- Opportunité (1830/1920), Incompréhension (1920/1945), Gâchis (1945/1962), Régression (1963/2000), Opportunité (2000/....)

Quels sont pour vous, les cinq mots qui définissent votre Algérie (passé, présent ou futur)...

jeudi 31 décembre 2009

Aminatou Haidar hospitalisée, la solidarité doit s’amplifier...

Suite à son expulsion du Sahara occidental par les autorités marocaines, Aminatou Haidar a entamé une grève de la faim illimitée le 15 novembre dans l’aéroport de Lanzarote (Canaries). La courageuse militante a été hospitalisée ce matin. La solidarité internationale doit s’amplifier.

Le 13 novembre, celle qu’on appelle la Gandhi Sahraouie revenait des États-Unis (où elle a reçu le prix du Courage Civil pour la lutte non-violente qu’elle mène en faveur du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui) quand les autorités marocaines l’ont expulsée du Sahara Occidental.

Depuis le 15 novembre, elle mène une grève de la faim illimitée avec une seule idée en tête : « Je rentrerai chez moi vivante ou morte ». Plus d’un mois après le début de cette action extrême, la détermination de la militante sahraouie inspire le respect et inquiète ses proches. Aminatou Haidar ne buvait jusqu’alors que de l’eau sucrée et refusait toute aide médicale. Ce matin, après avoir vomi du sang, elle a été hospitalisée. En Espagne, en Italie, en France et un peu partout dans le monde, la solidarité s’amplifie pour éviter un drame.

« La communauté internationale ne doit pas laisser Aminatou Haidar seule dans son combat », a affirmé Jean-Paul Lecoq, député-maire communiste de Gonfreville l’Orcher (Seine-Maritime) lors de la Conférence internationale des villes jumelées et solidaires avec les villes du Sahara occidental qui s’est tenue à Alger, du 11 au 13 décembre. « Nous ne pouvons pas laisser Aminatou Haidar, qui est en danger de mort, seule dans sa grève. Elle mène ce combat au nom de tout un peuple. Pour la soutenir, il faut que les mairies mettent des affiches d’Aminatou Haidar de la même façon que certaines mairies affichent les photos de Gilad Shalit ou de Salah Hamouri. »

De retour en France, Jean-Paul Lecoq a interpellé Bernard Kouchner à l’Assemblée nationale lors de la séance qui se tenait le 16 décembre. « Monsieur le ministre des Affaires étrangères, je vais utiliser les trente secondes qui me restent pour saluer le courage d’une grande dame aujourd'hui déportée, dont le seul crime est d'avoir respecté les résolutions des Nations unies en indiquant le nom de son pays sur sa carte de débarquement alors qu'elle rentrait des États-Unis où elle a reçu un prix récompensant son combat pacifique pour le respect du droit international. Elle s'appelle Aminatou Haidar et son pays, le Sahara occidental, est actuellement occupé par le Maroc. Allez-vous la laisser mourir de sa grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote ? »

L’intervention, lancée au cœur d’un débat déjà houleux sur la situation en Afghanistan, a essuyé diverses « exclamations » sur les bancs du groupe UMP. Éric Raoult déclara ces propos hors sujet et scandaleux... « Le défenseur du concept d'ingérence humanitaire que vous êtes ne se doit-il pas d’intervenir ?, lui répliqua Jean-Paul Lecoq. Pour construire la paix en Afghanistan et ailleurs, il importe que la communauté internationale soit crédible. Aussi faut-il d'urgence cesser l'application à deux vitesses des résolutions des Nations unies, que ce soit pour les Palestiniens ou les Sahraouis. La France est grande dans le monde, non lorsqu’elle fournit des militaires, mais lorsqu'elle a le courage politique de défendre ses valeurs fondamentales. » Curieusement, les paroles de Jean-Paul Lecoq sur Aminatou Haidar n’ont pas capté l’attention des médias français, alliés fidèles de « notre ami le roi ».

Pour soutenir l’action d’Aminatou Haidar, des villes commencent à afficher des portraits géants de la Pasionaria sahraouie. À Naples, une immense bâche couvre la façade de l’Hôtel de Ville. La ville de Gonfreville l’Orcher a installé un grand poster dans un planimètre proche de son espace culturel. D’autres villes (Rezé, Le Mans, Bègles...) l’imitent. Par tous les moyens, il est important de briser le silence et d’agir pour qu’Aminatou Haidar retrouve, vivante, les siens au Sahara Occidental.

Informations sur la campagne de solidarité auprès de l’association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD) en écrivant à bur.aarasd@wanadoo.fr

Paco, 17 décembre 2009

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Après 32 jours de grève de la faim, le Maroc, sous une forte pression internationale, a laissé Aminatou Haidar, défenseure Sahraouie des Droits de l’Homme, rentrer le 18 décembre à El Aaiun, au Sahara Occidental. Depuis, elle est assignée à résidence, dans un quartier quadrillé par la police marocaine où toute visite (même de la presse internationale) lui est interdite.

Camus, une passion algérienne

De Bône où il naquit, à Oran, ville-symbole de La Peste, d’Alger à Tipasa, qu’il chanta dans Les Noces, Camus a tracé, de livre en livre, de combat en combat, un itinéraire algérien. Cinquante ans après sa mort, Stéphane Babey a mis ses pas dans ceux de Camus, non point à sa recherche, mais à sa rencontre, tellement il se sent proche de lui, par son oeuvre comme par son ascendance algéroise. Livre de ferveur, livre de gratitude, CAMUS, une passion algérienne illustre ce mot de l’auteur du Mythe de Sisyphe : « Les hommes se jugent aux fidélités qu’ils suscitent. »

Stéphane Babey est journaliste et a publié plusieurs romans dont "L’Inconnu d’Alger".

Stéphane Babey, L'Algérie de Camus, éditions Nouveaux Loisirs, 2010

samedi 26 décembre 2009

Les Pieds-Noirs et la Politique

Rencontre Cevipof (Centre de Recherches Politiques de Sciences Po), Jeudi 7 janvier 2010 de 17h00 à 19h00.

Débat autour de l’ouvrage d’Emmanuelle Comtat, Les Pieds-Noirs et la Politique.

Avec Emmanuelle Comtat, chercheuse associée, IEP de Grenoble, Benjamin Stora, professeur des Universités, Paris XIII et Daniel Lefeuvre, professeur d’histoire économique et sociale, Paris VIII. Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, animera le débat.

Cevipof – salle G. Lavau – 98, rue de l’Université – Paris 7e
Inscription obligatoire : marcelle.bourbier@sciences-po.fr

Une histoire de l'Algérie coloniale

Lorsque les Français débarquent à Sidi-Ferruch, en 1830, ils sont loin de se douter que cette terre inconnue à l'assaut de laquelle ils s'élancent va soulever des tourbillons de passions et devenir, 130 ans durant, l'un des enjeux majeurs de la politique nationale. Et d'abord, que faire d'un pays conquis sur un coup de tête et de dés ? D'un pays où, jusqu'en 1850, la maladie et les guerres dévorent des milliers d'hommes ? Il faut attendre 1870 pour que la formule " l'Algérie c'est la France " s'impose avec force. Les passions françaises y trouvent dès lors un écho exacerbé. Les Français y seront plus français que ceux de métropole, plus patriotes, plus généreux de leur sang ou, le cas échéant, plus antisémites qu'eux. Quant aux Arabo-Berbères, ils ont longtemps attendu, dans un silence brisé par des révoltes sporadiques. On les considérait comme de " grands enfants " assoupis, dominés par le fatalisme et incapables de " s'en sortir " à l'écart de la " mission civilisatrice " de la France. En 1954, le réveil n'en sera que plus brutal. Mais dès 1940, l'Algérie française est morte. Un pays vaincu ne peut plus être une puissance coloniale dans un monde balayé par un mouvement général d'émancipation. Pierre Darmon a croisé les sources, multiplié les points de vue, allié l'analyse de fond économique et sociale au déroulement des événements et au récit des hommes et de la vie quotidienne avec ses bruits, ses couleurs et son atmosphère si particulière. Au fil des pages se dessinent ainsi tous les aspects d'une Algérie ardente et violente, injuste et séduisante, déchirée par les passions mais porteuse d'espérance, de mythes et d'amour.

Ancien directeur de recherche au Centre Roland Mousnier (Paris-IV) et docteur ès lettres, Pierre Darmon, né à Oran, est spécialiste d'histoire de la médecine. Il est l'auteur d'ouvrages sur la variole, le cancer, les maladies épidémiques, la médecine légale et le milieu médical de la Belle Epoque. On lui doit aussi plusieurs romans et récits (Gabrielle Perreau femme adultère, La Malle à Gouffé, La Rumeur de Rodez, Landru...)

Pierre Darmon, Un siècle de passions algériennes : Une histoire de l'Algérie coloniale (1830-1940) , Fayard, 2009

mardi 22 décembre 2009

La France en guerre


Cerner au plus près le vécu de la guerre d'indépendance algérienne en métropole, voici l'objet de cet ouvrage. Par des événements touchant leurs familles, leurs activités professionnelles, culturelles, militantes ou citoyennes, comment ceux qui habitaient en métropole, Français et migrants venus d'Algérie, ont-ils vécu et connu cette guerre? Quelles ont été les manifestations du conflit sur le terrain métropolitain? Quelles en ont été les répercussions locales? Le rôle de l'espace métropolitain, jusque-là peu présent dans la recherche, mérite en effet d'être réévalué, sans se limiter à l'image d'une base arrière du nationalisme algérien, siège d'une intense bataille de l'écrit. Surtout, le regard, trop souvent limité à Paris et sa région, doit être déplacé vers l'ensemble du pays.
Délaissant une analyse des décisions politiques parisiennes ou une démarche de synthèse à l'échelle nationale, l'ambition est de donner à voir les expériences de la guerre au quotidien, dans leur diversité. Fondées principalement sur les archives départementales, les contributions rassemblées ici dessinent une nouvelle histoire de la guerre d'indépendance algérienne, ouvrant ainsi des perspectives renouvelées à la recherche. Comprendre comment les habitants de métropole vécurent la guerre, c'est aussi saisir la place que ces événements eurent dans leurs vies, et ensuite, peut-être, dans leurs mémoires.

Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault, Marie-Claude Albert, Linda Amiri, La France en guerre 1954-1962 - Expériences métropolitaines de la guerre d'indépendance algérienne, Editions Autrement, 2008

Un siècle d'images (1850-1950)


Les rapports de l'imaginaire français avec l'Algérie coloniale ont souvent été affaire de représentation et de regard. Tableaux, gravures, photographies, caricatures, cartes postales, récits de voyage - divers dans leur forme comme dans leurs intentions - se sont multipliés. Ce regard a évolué avec le temps : d'un orientalisme romantique à la description minutieuse, parfois ambiguë, voire méprisante, de la vie quotidienne, les documents présentés couvrent une histoire mouvementée qui commence plus d'un siècle avant le début de la guerre, le 1er novembre 1954.

Cet ouvrage donne à voir la rencontre de ces peuples qui ont fait l'Algérie à l'époque coloniale, et dont la confrontation fut chargée d'inégalités et de violences mais aussi riche de contacts et d'échanges. Les communautés, les villes, les campagnes, les religions, les femmes, les sociabilités et, enfin, les liens et les ruptures sont successivement étudiés ; de courtes présentations resituent les documents dans leur contexte, un décryptage nécessaire pour appréhender la réalité de l'époque et la manière dont elle était exprimée. Les très nombreuses illustrations offrent une variété de points de vue rarement proposée.

Feriel ben Mahmoud est historienne et réalisatrice de films documentaires pour la télévision. Elle a déjà publié aux éditions Place des Victoires : Bat d'Af, la légende des mauvais garçons (2005), Voyage dans l'empire colonial français (2007), Voyage en Orient (avec Nicolas Daniel, 2008). Michèle Brun, Constantinoise, collectionneuse et chercheuse passionnée, a été professeur d'histoire et a vécu trente-cinq ans au Maghreb.

Feriel Ben Mahmoud, Michèle Brun, L'Algérie au temps des français - Un siècle d'images (1850-1950), Editions Place des Victoires, 2009

Les valises sur le pont


Entre les accords d'Evian, le 18 mars 1962, et l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet, plusieurs centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont quitté l'Algérie pour la France. La plupart ont emprunté la mer. Les paquebots de la Compagnie générale transatlantique, de la Compagnie de navigation mixte, et bien d'autres, ont participé à cet exode réalisé dans l'urgence. C'est un immense déplacement de population, le dernier que la France ait connu. Dans ce livre, les auteurs évoquent la traversée maritime vécue comme un moment transitoire, fait de tristesse, d'appréhension, de peur, et aussi comme un moment de répit avant d'entamer une nouvelle vie dans un pays que certains ne connaissent pas encore.

Sous la direction de Christelle Harrir, Jean-Jacques Jordi et Aymeric Perroy, les auteurs de ces mémoires sont des historiens de renom et des membres de l'association French Lines chargée de la mise en valeur du patrimoine des compagnies maritimes françaises.

Jean-Jacques Jordi , Christelle Harrir , Aymeric Perroy, Les valises sur le pont - Mémoire du rapatriement maritime d'Algérie - 1962, Marines Editions, 2009

dimanche 13 décembre 2009

Todd Shepard


La guerre d'Algérie nous parle de la France d'aujourd'hui, en particulier des questions d'identité et de citoyenneté, mais aussi celles des rapatriés, de l'immigration, de la mémoire et de la réconciliation. C'est ce que montre ce livre salué par les historiens et qui devrait donner à réfléchir. Todd Shepard y explique, entre autres, comment la Vème République, à ses débuts, s'est appuyée sur la guerre d'Algérie pour restreindre durablement les libertés individuelles ; et comment l'histoire de l'impérialisme et de l'anti-impérialisme français a été réécrite par l'administration, les politiciens et les journalistes pour présenter la décolonisation comme une «fatalité», un mouvement inévitable, au lieu de dire qu'elle marquait l'échec du projet originel d'intégration nationale dans les colonies.

Todd Shepard, né en 1969, est maître de conférences (Associate Professor) à la Johns Hopkins University, aux États-Unis. Son livre a déjà reçu deux prix : celui du meilleur livre en anglais sur l'histoire de la France (prix J. Russell Major, décerné par l'American Historical Association en 2006) et celui du meilleur livre publié depuis deux ans sur l'Europe (prix du Council of European Studies, décerné en 2008). Fin 2007, Todd Shepard a été cité par le History News Network comme l'un des jeunes historiens américains les plus prometteurs du moment.

Todd Shepard, 1962, Comment l’indépendance algérienne a transformé la France, Payot, 2008.

samedi 5 décembre 2009

EL CASAL DE L'ALBERA


Conférence-dédicace, propopsée par El Casal de l'Albera, de Philippe Bouba : "L'arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon en 1962".
Salle Buisson - Allée Ferdinand Buisson
Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales)
Samedi 12 décembre à 17h00 - Entrée libre

vendredi 27 novembre 2009

Français musulmans rapatriés d'Algérie


L'arrivée en de plusieurs dizaines de milliers de Français musulmans rapatriés d'Algérie est précurseur d'un défi pour la Frane: celui de leur intégration. Par une étude exhaustive de multiples sources (archives, presse, témoignages, associations), l'auteur retrace le quotidien d'une partie de cette population dans un département où ils constituent une minorité importante : le Vaucluse.

Abderahmen Moumen, LES FRANÇAIS MUSULMANS EN VAUCLUSE 1962-1991, Installation et difficultés d'intégration d'une communauté de rapatriés d'Algérie, 2003.

Monsieur le Président, devenez camusien !, par Michel Onfray

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles. (...)

Texte intégral sur lemonde.fr

dimanche 22 novembre 2009

Magazine "Entre Algérie et France"

Magazine "Entre Algérie et France", lieu de rencontres et territoire d'échanges entre cultures.

Si vous souhaitez participer à une e-terview, merci de prendre contact avec le magazine : algerieetfrance@yahoo.fr. N'hésitez pas aussi à laisser vos commentaires aux différents articles du magazine web "Entre Algérie et France".

samedi 21 novembre 2009

Camus reviens, ils sont devenus fous !


Selon Nicolas Sarkozy « Faire entrer Albert Camus au Panthéon, ce serait un symbole extraordinaire. » Mais qu’irait donc faire Camus le libertaire dans l’obscure crypte d’une ancienne église ? Camus reviens, ils sont devenus fous !

Il y a des manipulations politiciennes, des tripatouillages macabres, des détournements de valeurs qui font particulièrement gerber. L’attaque du président de la République contre les restes d’Albert Camus atteint des sommets dans l’obscénité. Les mots nous manqueraient presque devant l’abîme insondable creusé par la vulgarité de ceux qui nous gouvernent. Face à cette monstruosité décomplexée, à cette médiocrité rampante, rappelons quelques vérités qui devraient stopper net toutes les manœuvres en cours.

En 2008, avec le concours notamment de la librairie du Monde libertaire et du Centre international de recherche sur l’anarchisme, la bibliothèque municipale de Lourmarin, village où est enterré Albert Camus, présentait une exposition intitulée Le don de la liberté : Albert Camus et les libertaires. Une initiative qui fut suivie par un colloque sur le même thème. Dans le même temps, les éditions Egrégores ont publié Albert Camus et les libertaires (1948-1960), livre où sont rassemblés et commentés de nombreux textes de et sur Camus qui ne laissent planer aucun doute sur l’engagement du Prix Nobel de littérature 1957 aux côtés des anarchistes.


C’est en rencontrant Rirette Maîtrejean (1887-1968), co-éditrice du journal L’Anarchie avec Victor Kibaltchich (alias Victor Serge), qu’Albert Camus fut initié à la pensée libertaire. Rirette était correctrice à Paris Soir. Albert y était rédacteur et secrétaire de rédaction. Au marbre comme pendant les mois d’exode, en 1940, avec Rirette et les typos, correcteurs et imprimeurs (souvent anarcho-syndicalistes), Camus eut le temps de découvrir les traditions libertaires en France. Peu à peu, Camus, le « camarade absolument parfait », fit la connaissance des anarchistes responsables de diverses publications françaises (Le Monde libertaire, Défense de l’Homme, Liberté, Le Libertaire, Témoins…) ou étrangères (Volonta, Solidaridad Obrera, Arbetaren, Die freie Gesellschaft, Reconstruir, Babel…). Camus collabora régulièrement à certains de ces journaux et rencontra ses animateurs. Il profita même de son séjour à Stockholm, lors de la remise de son prix Nobel en 1957, pour se faire interviewer par Arbetaren et visiter les locaux de la Sveriges Arbetaren Centralorganisation (SAC), l’organisation anarcho-syndicaliste suédoise.


Dans les années 1930, le « Pied-noir » Albert Camus semblait avoir déjà des prédispositions pour les analyses libertaires. Il s’était fait viré du parti communiste, en 1937, parce qu’il soutenait Messali Hadj, leader du Mouvement nord-africain (MNA), parti rival du FLN qui entretenait des contacts avec le mouvement libertaire et les syndicalistes révolutionnaires de La Révolution prolétarienne (où Camus allait écrire). Le drame espagnol touchait aussi particulièrement Camus. Appels, articles et meetings se succédèrent pour venir en aide aux militants antifranquistes. En février 1952, salle Wagram à Paris, il participa à un meeting pour soutenir cinq militants anarcho-syndicalistes de la CNT condamnés à mort. Dans Le Libertaire du 26 juin 1952, il publia un texte pour exposer les raisons de son refus de collaborer avec l'UNESCO où siégeait un représentant de l'Espagne franquiste.


Albert Camus s’exprima régulièrement dans Témoins, revue antimilitariste et libertaire qui était ouverte à tous les courants anars. Une activité qui l’engagea naturellement aux côtés de l’anarchiste Louis Lecoin, dans les colonnes de la publication Défense de l’Homme, mais aussi dans la lutte pour l’obtention d’un statut en faveur des objecteurs de conscience. Écrit par Camus, le projet de statut fut approuvé par les membres du comité de secours aux objecteurs de conscience et diffusé par les militants pacifistes et libertaires, notamment dans un numéro spécial de la revue Contre-courant.


De très nombreux textes politiques et philosophiques aident à bien cerner le Camus qui affirmait : « Bakounine est vivant en moi ». En mai 1952, dans une lettre adressée à Gaston Leval, Albert Camus affirmait que la société de demain ne pourra pas se passer de la pensée libertaire. En 2009, cette évidence devient de plus en plus criante. Que les libertaires retroussent leurs manches si nous ne voulons pas que tous les rêves de Sarkozy deviennent très vite nos pires cauchemars.


L’idée qu’on pourrait profaner la tombe d’Albert Camus pour x ou y desseins glauques suffit à nous remplir d’effroi et de dégoût. Nous étouffons littéralement dans ce pays où règnent sans partage les détrousseurs de cadavres et autres charognards. « Le monde où je vis me répugne, mais je me sens solidaire des hommes qui y souffrent », disait l’auteur de L’Homme révolté qui aurait de quoi être dégoûté et révolté dans la France d’aujourd’hui.


A lire : Albert Camus et les libertaires (1948-1960), éditions Egrégores, 268 pages. 15€.


Paco, novembre 2009

lundi 16 novembre 2009

Les parfums de ma terre - 2008

Réalisateur : Mehdi Lallaoui

Production : France 3 Corse, Mémoires vives Productions

Jacky Malléa est arrière-petit-fils d'immigrés maltais. Il est né dans la petite ville de Guelma qui fut, à l'instar de Sétif en mai 1945, le théâtre d'une effroyable tuerie perpétrée par des milices européennes contre les nationalistes algériens et leurs proches. En 1962, Jacky Mallé subit l'exode des pieds-noirs d'Algérie puis reconstruit sa vie en France. Plus tard, il découvre un secret familial qui le conduit à revenir sur sa terre natale faire connaissance avec sa famille algérienne.

Ce film fait partie d'un triptyque, une traversée de la guerre d'Algérie autour de portraits d'hommes et de femmes représentant trois groupes mémoriels, aux engagements et aux itinéraires différents.

La série documentaire propose un décryptage des drames de cette guerre en trois volets et donne à découvrir des histoires inconnues, occultées ou très peu abordées.

Le premier volet "En finir avec la guerre…" aborde l'itinéraire de plusieurs appelés qui ont fait la "sale guerre". Ils oeuvrent aujourd'hui à travers leur association (l'Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre) à des actions de solidarité concrète et de développement en direction de villages d'Algérie qui, il y a quarante ans, subirent de plein fouet les destructions liées à cette guerre.
Le deuxième volet, "Les parfums de ma terre", traite quant à lui d'un Français d'Algérie, né à Guelma et issu d'une famille Algérie Française (ses oncles ont participé activement à la répression de mai 1945 et étaient OAS dans les années soixante). Jacky Malléa a toujours vécu fraternellement avec les Algériens.
Lors de son service militaire, il a refusé de rejoindre une unité combattante. Il se découvrira à près de quarante ans une famille algérienne. Nous le suivrons sur sa terre natale à la recherche de ses souvenirs.
Enfin le troisième volet est construit autour de Jacques Charby, comédien, qui fut l'un des piliers du "Réseau Jeanson" que l'on appela "Les porteurs de valises". Ils furent quelques centaines à aider le FLN en France à échapper aux "mauvais traitements" de la police. Pas toujours avec succès…

samedi 14 novembre 2009

Colloque - Perpignan

Colloque - Quelles sources pour une histoire de la violence ?

13 et 14 novembre 2009, UPVD (Amphi Y)


Programme du samedi après-midi

14 heures 30

Céline Regnard-Drouot, MCF université d’Aix-Marseille,

Étudier la violence à partir des archives judiciaires. Quelques remarques sur le cas de Marseille au XIXe siècle.

Nicolas Krautberger, docteur ès lettres, laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes, Grenoble,

Alpes/Algérie : sources et historiographie de l’étude d’un transfert de savoirs et de savoirs-faires administratifs autour de la répression des délits forestiers dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Discussions

Nicolas Lebourg, docteur ès lettres, ATER Université de Perpignan et Dominique Sistach, MCF de droit public, Université de Perpignan,

Le droit de l’archive et la morale de l’histoire ; les limites juridiques de l’écriture de l’histoire présente : le cas François Duprat.

Pause

Marie Goupy, ENS Paris,

De l’utilisation de la torture durant la guerre d’Algérie : l’état d’exception et la violence d’État.

Moumen Abderahmen, docteur ès lettres, Université de Perpignan,

Les massacres de harkis à travers les archives du service historique de l’armée de terre.

jeudi 5 novembre 2009

Dictionnaire de la colonisation française


Présentation de l'éditeur :
Jamais la colonisation, un demi-siècle après les guerres d'Indochine et d'Algérie, jamais l'esclavage -150 ans après l'abolition - n'ont été aussi présents dans la vie publique. Le temps des colonies apparaît comme un passé qui ne passe pas, l'enjeu de conflits de mémoires, sur fond de malaise de la mémoire officielle. Ce dictionnaire veut être pour un large public, loin de tout manichéisme, un ouvrage de référence en présentant des informations sûres, les débats et les points de vue représentatifs des études françaises et étrangères, les renouvellements des connaissances. Il étudie les aspects multiples de la situation coloniale qui a imprimé sa marque dans les domaines les plus divers. Comment comprendre notre monde sans donner toute sa place à ce phénomène majeur ?

Claude Liauzu (dir.), Dictionnaire de la colonisation française. Paris, Larousse, Collection « À présent », 2007, 654 pages.