vendredi 27 novembre 2009
Français musulmans rapatriés d'Algérie
Monsieur le Président, devenez camusien !, par Michel Onfray
Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles. (...)
dimanche 22 novembre 2009
Magazine "Entre Algérie et France"
Si vous souhaitez participer à une e-terview, merci de prendre contact avec le magazine : algerieetfrance@yahoo.fr. N'hésitez pas aussi à laisser vos commentaires aux différents articles du magazine web "Entre Algérie et France".
samedi 21 novembre 2009
Camus reviens, ils sont devenus fous !

En 2008, avec le concours notamment de la librairie du Monde libertaire et du Centre international de recherche sur l’anarchisme, la bibliothèque municipale de Lourmarin, village où est enterré Albert Camus, présentait une exposition intitulée Le don de la liberté : Albert Camus et les libertaires. Une initiative qui fut suivie par un colloque sur le même thème. Dans le même temps, les éditions Egrégores ont publié Albert Camus et les libertaires (1948-1960), livre où sont rassemblés et commentés de nombreux textes de et sur Camus qui ne laissent planer aucun doute sur l’engagement du Prix Nobel de littérature 1957 aux côtés des anarchistes.
C’est en rencontrant Rirette Maîtrejean (1887-1968), co-éditrice du journal L’Anarchie avec Victor Kibaltchich (alias Victor Serge), qu’Albert Camus fut initié à la pensée libertaire. Rirette était correctrice à Paris Soir. Albert y était rédacteur et secrétaire de rédaction. Au marbre comme pendant les mois d’exode, en 1940, avec Rirette et les typos, correcteurs et imprimeurs (souvent anarcho-syndicalistes), Camus eut le temps de découvrir les traditions libertaires en France. Peu à peu, Camus, le « camarade absolument parfait », fit la connaissance des anarchistes responsables de diverses publications françaises (Le Monde libertaire, Défense de l’Homme, Liberté, Le Libertaire, Témoins…) ou étrangères (Volonta, Solidaridad Obrera, Arbetaren, Die freie Gesellschaft, Reconstruir, Babel…). Camus collabora régulièrement à certains de ces journaux et rencontra ses animateurs. Il profita même de son séjour à Stockholm, lors de la remise de son prix Nobel en 1957, pour se faire interviewer par Arbetaren et visiter les locaux de la Sveriges Arbetaren Centralorganisation (SAC), l’organisation anarcho-syndicaliste suédoise.
Dans les années 1930, le « Pied-noir » Albert Camus semblait avoir déjà des prédispositions pour les analyses libertaires. Il s’était fait viré du parti communiste, en 1937, parce qu’il soutenait Messali Hadj, leader du Mouvement nord-africain (MNA), parti rival du FLN qui entretenait des contacts avec le mouvement libertaire et les syndicalistes révolutionnaires de La Révolution prolétarienne (où Camus allait écrire). Le drame espagnol touchait aussi particulièrement Camus. Appels, articles et meetings se succédèrent pour venir en aide aux militants antifranquistes. En février 1952, salle Wagram à Paris, il participa à un meeting pour soutenir cinq militants anarcho-syndicalistes de la CNT condamnés à mort. Dans Le Libertaire du 26 juin 1952, il publia un texte pour exposer les raisons de son refus de collaborer avec l'UNESCO où siégeait un représentant de l'Espagne franquiste.
Albert Camus s’exprima régulièrement dans Témoins, revue antimilitariste et libertaire qui était ouverte à tous les courants anars. Une activité qui l’engagea naturellement aux côtés de l’anarchiste Louis Lecoin, dans les colonnes de la publication Défense de l’Homme, mais aussi dans la lutte pour l’obtention d’un statut en faveur des objecteurs de conscience. Écrit par Camus, le projet de statut fut approuvé par les membres du comité de secours aux objecteurs de conscience et diffusé par les militants pacifistes et libertaires, notamment dans un numéro spécial de la revue Contre-courant.
De très nombreux textes politiques et philosophiques aident à bien cerner le Camus qui affirmait : « Bakounine est vivant en moi ». En mai 1952, dans une lettre adressée à Gaston Leval, Albert Camus affirmait que la société de demain ne pourra pas se passer de la pensée libertaire. En 2009, cette évidence devient de plus en plus criante. Que les libertaires retroussent leurs manches si nous ne voulons pas que tous les rêves de Sarkozy deviennent très vite nos pires cauchemars.
L’idée qu’on pourrait profaner la tombe d’Albert Camus pour x ou y desseins glauques suffit à nous remplir d’effroi et de dégoût. Nous étouffons littéralement dans ce pays où règnent sans partage les détrousseurs de cadavres et autres charognards. « Le monde où je vis me répugne, mais je me sens solidaire des hommes qui y souffrent », disait l’auteur de L’Homme révolté qui aurait de quoi être dégoûté et révolté dans la France d’aujourd’hui.
A lire : Albert Camus et les libertaires (1948-1960), éditions Egrégores, 268 pages. 15€.
Paco, novembre 2009
lundi 16 novembre 2009
Les parfums de ma terre - 2008
Réalisateur : Mehdi Lallaoui
Production : France 3 Corse, Mémoires vives Productions
Jacky Malléa est arrière-petit-fils d'immigrés maltais. Il est né dans la petite ville de Guelma qui fut, à l'instar de Sétif en mai 1945, le théâtre d'une effroyable tuerie perpétrée par des milices européennes contre les nationalistes algériens et leurs proches. En 1962, Jacky Mallé subit l'exode des pieds-noirs d'Algérie puis reconstruit sa vie en France. Plus tard, il découvre un secret familial qui le conduit à revenir sur sa terre natale faire connaissance avec sa famille algérienne.Ce film fait partie d'un triptyque, une traversée de la guerre d'Algérie autour de portraits d'hommes et de femmes représentant trois groupes mémoriels, aux engagements et aux itinéraires différents.
La série documentaire propose un décryptage des drames de cette guerre en trois volets et donne à découvrir des histoires inconnues, occultées ou très peu abordées.
Le premier volet "En finir avec la guerre…" aborde l'itinéraire de plusieurs appelés qui ont fait la "sale guerre". Ils oeuvrent aujourd'hui à travers leur association (l'Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre) à des actions de solidarité concrète et de développement en direction de villages d'Algérie qui, il y a quarante ans, subirent de plein fouet les destructions liées à cette guerre.
Le deuxième volet, "Les parfums de ma terre", traite quant à lui d'un Français d'Algérie, né à Guelma et issu d'une famille Algérie Française (ses oncles ont participé activement à la répression de mai 1945 et étaient OAS dans les années soixante). Jacky Malléa a toujours vécu fraternellement avec les Algériens.
Lors de son service militaire, il a refusé de rejoindre une unité combattante. Il se découvrira à près de quarante ans une famille algérienne. Nous le suivrons sur sa terre natale à la recherche de ses souvenirs.
Enfin le troisième volet est construit autour de Jacques Charby, comédien, qui fut l'un des piliers du "Réseau Jeanson" que l'on appela "Les porteurs de valises". Ils furent quelques centaines à aider le FLN en France à échapper aux "mauvais traitements" de la police. Pas toujours avec succès…
samedi 14 novembre 2009
Colloque - Perpignan

13 et 14 novembre 2009, UPVD (Amphi Y)
14 heures 30
Céline Regnard-Drouot, MCF université d’Aix-Marseille,
Étudier la violence à partir des archives judiciaires. Quelques remarques sur le cas de Marseille au XIXe siècle.
Nicolas Krautberger, docteur ès lettres, laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes, Grenoble,
Alpes/Algérie : sources et historiographie de l’étude d’un transfert de savoirs et de savoirs-faires administratifs autour de la répression des délits forestiers dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Discussions
Nicolas Lebourg, docteur ès lettres, ATER Université de Perpignan et Dominique Sistach, MCF de droit public, Université de Perpignan,
Le droit de l’archive et la morale de l’histoire ; les limites juridiques de l’écriture de l’histoire présente : le cas François Duprat.
Pause
Marie Goupy, ENS Paris,
De l’utilisation de la torture durant la guerre d’Algérie : l’état d’exception et la violence d’État.
Moumen Abderahmen, docteur ès lettres, Université de Perpignan,
Les massacres de harkis à travers les archives du service historique de l’armée de terre.
jeudi 5 novembre 2009
Dictionnaire de la colonisation française

Présentation de l'éditeur :
Claude Liauzu (dir.), Dictionnaire de la colonisation française. Paris, Larousse, Collection « À présent », 2007, 654 pages.
samedi 31 octobre 2009
Port-Vendres
mardi 27 octobre 2009
Perpignan : un centre de documentation et d'exposition sur l'Algérie en débat
http://www.univ-perp.fr/modules/resources/download/default/COMMUNICATION/COLLOQUES%20CONF/Rapport%20Collectif%20Perpignan_0707.pdf
Position de Guy Pervillé sur l'annexe au rapport d'Eric Savarese : "Une note sur "le mur des disparus" (2007)
jeudi 22 octobre 2009
La Maison des Mots - Trèbes
La Maison des Mots accueille 11 auteurs audois et notamment des Trébéens. Philippe Bouba, auteur de “L’Arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon en 1962″. André et Michèle Bonnery, co-auteurs du livre “Les deux visages de Janus”. Michèle Lafayette et Virginie Martinez poétesses. Héloïse Gérard, auteur de “La Liberté des Femmes” et “J’aime écrire”, illustrés par la peintre, Marie Morel. Nicolas Ancion, auteur de romans et de nouvelles pour la jeunesse. Luc Fuentes et Christine Mamet présentent “L’Aude Rouge” et “La Légende de Matéo”. Simone Salgas et son dernier né “Lilou prend ses distances”.
Tout au long de l’après-midi, vous pourrez rencontrer les auteurs, autour de la présentation de leurs ouvrages, qui sera suivie d’une séance dédicace.
Bibliothèque Municipale “La Maison des Mots” – Place de l’Hôtel de ville – 11800 TREBES.
Le samedi 21 NOVEMBRE 2009 de 15h00 à 17h00.
dimanche 11 octobre 2009
Culture et Patrimoine
Vendredi 23 octobre 2009 - 18h30
Salle de l'Ecoute du Port
(Canet en Roussillon - Pyrénées-Orientales)
Présentation et dédicace du livre de Philippe Bouba, "L'arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon en 1962".
27 Mai 1962 arrivée du El Mansour qui marque le début de l'exode des Rapatriés d'Algérie. Port-Vendres devient la tête de pont de l'exode. Philippe Bouba retrace au travers de la presse locale l'ampleur du phénomène et le recontextualise grâce à des témoignages. Il évoque l'accueil, les associations humanitaires, et la naissance du concept de Pieds-Noirs.
samedi 10 octobre 2009
Paul Vigné d'Octon

Exactions, refoulement, spoliations, iniquités fiscales, mauvais traitements, toute cette flore de cruautés et d’injustices dont le soleil d’Afrique semble faciliter la croissance et l’évolution, vous la trouverez décrite, ainsi que toutes les variétés de gabegie, toutes les formes de concussion et de prévarication dont se rendent coupables la plupart des fonctionnaires qui ont pris pour devise : " Que le burnous est fait pour suer."
Paul Vigné d'Octon, Le sueur du burnous, Les Nuits Rouges, 2001.
COMMENT LA FRANCE "CIVILISE" SES COLONIES

A sa manière sanguinaire, il a tout de même amorcé un début de mondialisation. Il est donc irréversible, mais probablement aussi irréformable. Le travail d’exposition des crimes du colonialisme que nous menons depuis 1998 n’est donc pas motivé uniquement par des raisons morales, mais aussi par la conviction que ce mode de production est devenu dangereux, non plus seulement pour les hommes mais pour la planète elle-même.
Ces deux textes ont été rédigés au tournant des années 1930, lors de l’aventureuse « troisième période » des partis communistes. Ils dressent un inventaire, sommaire mais précis, des méthodes du colonialisme français dans les années 1920-30 et reviennent sur quelques faits négligés par les historiens officiels, fussent-ils « anticolonialistes » : ainsi le toujours peu connu Code de l’indigénat, successeur républicain du Code noir de la période esclavagiste, lui beaucoup plus documenté.
Henri Cartier, Comment la France "civilise" ses colonies, Les Nuits Rouges, 2005.
vendredi 9 octobre 2009
Le mal-être arabe

Deux décennies après la " marche des Beurs ", où en est le mouvement des jeunes issus de l'immigration? L'action commune entre musulmans et non-musulmans contre l'exclusion augure-telle d'un renouveau de leur action et de leur alliance avec les forces altermondialistes ? Mais pour quel objectif?
Afin que les enfants de l'immigration s'intègrent " à la société française - mais à la seule manière d'une reddition sans condition ? Ou polir que celle-ci leur garantisse enfin l'égalité des droits et des chances sans laquelle il n'y a pas de possibilité de vivre ensemble, dans le respect des différences ?
Avec cette enquête, les auteurs ont voulu écouter et restituer au plus près la parole des " Arabes de France " pour savoir comment les acteurs (jeunes et anciens, hommes et femmes) perçoivent mais aussi comment les spécialistes (historiens, philosophes, sociologues, politologues) analysent le mal-être de centaines de milliers d'hommes et de femmes unis par une expérience commune de l'altérité.
Karim Bourtel et Dominiqu Vidal, Le mal être arabe, Enfants de la colonisation, Agone, 2005.
Dominique Vidal est rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique, auquel collabore Karim Bourtel, qui travaille également pour Politis, Témoignage chrétien et divers médias audiovisuels.
Catherine Coquery Vidrovitch

Catherine Coquery Vidrovitch, Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Editions Agone, collection "Passé et Présent", 192 pages, 14 euros.
dimanche 20 septembre 2009
ASSOCIATION FRANCE-ALGERIE
Se trouvaient parmi ces personnalités d'anciens résistants français comme Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, André et Anise Postel Vinay, Joseph Rovan, David Rousset, Robert Buron, Stéphane Hessel. Se trouvaient aussi des responsables militaires ou des fonctionnaires qui avaient dénoncé les terribles dérives de la guerre d'Algérie et s'y étaient opposé comme le général Jacques Pâris de Bollardière, le général Pierre Billiote, Paul Teitgen, des journalistes et hommes de lettres comme Jean Daniel, Jean Lacouture, Jean-Marie Domenach, André Froissart, François Mauriac. Il y avait aussi des pieds noirs qui avaient su résister au fatal engrenage de la haine et de la violence pendant les années de guerre, des responsables étudiants algériens et français qui avaient milité ensemble, tous désormais pressés de tourner une page d'histoire douloureuse et confiants dans l'avenir.
Certains animaient déjà des associations de solidarité avec le peuple Algérien : Le "Fond d'aide aux victimes des attentats de l'OAS" créé en 1961 par André Postel Vinay et François Bloc-Lainé, "Le Fond de solidarité Franco-Algérien" créé par Germaine Tillion et Pierre Emmanuel et "Le Comité Djamila Boupacha" par Françoise de Liencourt et J. Fonlupt-Esperaber.
Ils furent rapidement rejoints par des jeunes qui avaient accompli leur service militaire en Algérie ou qui y avaient effectué leur stage d’élèves de l'Ecole Nationale d'Administration, comme Pierre Joxe, Jean-Pierre Chevènement ou Bernard Stasi et d’autres encore. Tous sont restés fidèles à leur engagement et acquis à une coopération exemplaire dans le respect des intérêts de chacun en faveur d’une Entente durable entre les deux Etats et les deux peuples français et algérien.
Depuis sa création, les actions de l’Association France-Algérie ont été marquées tantôt par de réelles avancées dans la compréhension et la coopération entre la France et l'Algérie et tantôt par l'accumulation de malentendus et d'occasions manquées. L’Association France-Algérie a multiplié durant toute cette période, parfois en liaison avec son homologue l'Association "Algérie-France", créée en Algérie en 1964, actuellement dissoute mais dont on attend la refondation prochaine, les initiatives de voyages d'élus locaux en Algérie et Algériens en France, d’échange de jeunes, de colloques à caractère économique et de manifestations culturelles.
Aujourd’hui, l’Association France-Algérie est reconnue par tous car elle a su garder l’esprit et la conviction qui animaient, en 1962, la majorité du peuple français, toute tendance politique confondue, dans son soutien à l’Indépendance de l’Algérie à laquelle, consulté à deux reprises, il avait répondu massivement OUI.
L’Association favorise, depuis 2005, la création de filiales locales dans toute la France. Elle soutient, en accord avec les instances algériennes, les projets de toute nature, économique, culturel et humain qui renforcent la connaissance réciproque des sociétés civiles française et algérienne et qui valorisent ce qu’elles ont en commun.
http://www.asso-france-algerie.fr
Valérie Esclangon-Morin

- Valérie Esclangon-Morin, Les Rapatriés d'Afrique du Nord de 1956 à nos jours, L'Harmattan, 2007.

vendredi 28 août 2009
Pieds-Noirs « repliés » en France ou sur eux-mêmes ?
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article6307
Fils et petit-fils de Pieds-Noirs, Philippe Bouba est l’auteur d’un livre sur l’arrivée des Pieds-Noirs dans la région de Perpignan en 1962.
Étudiant à l’Université de Perpignan Via Domitia entre 1998 et 2004, Philippe Bouba a obtenu une maîtrise et un Master Recherche en Histoire contemporaine en menant un travail sur les Rapatriés d’Algérie dans les Pyrénées-Orientales. C’est cette recherche que les éditions Trabucaire ont récemment publiée.
Si Philippe Bouba accentue son travail sur le Roussillon, son livre permet plus largement de dessiner les contours sinueux de la communauté pied-noire. Un rappel qui n’est pas inutile tant les clichés et les idées reçues sont encore nombreux. Loin d’appartenir à un bloc religieux, géographique et politique homogène, les Pieds-Noirs sont le fruit de plusieurs migrations européennes vers l’Algérie. Les raisons de ces déplacements sont militaires, politiques, économiques.
Les premiers européens, des militaires français, arrivèrent en Algérie dans la seconde moitié du XIXe siècle. Suivirent des opposants politiques (républicains de 1848, exilés d’après le coup d’État de Napoléon III, Communards de 1871, Lorrains et Alsaciens fuyant leur annexion à l’Allemagne, républicains espagnols fuyant Franco...) et des immigrés économiques qui venaient s’établir sur cette nouvelle terre conquise par l’armée française. Occitans, Corses, Provençaux, Catalans, mais aussi Espagnols, Maltais, Italiens, Allemands, Suisses... vont s’installer notamment comme travailleurs agricoles dans cette France d’outre-Méditerranée. La plupart des étrangers n’avaient jamais mis les pieds en France métropolitaine avant leur venue en Algérie française. Certains gardèrent même leur nationalité. Des précisions qui rendent finalement impropre le terme de « Rapatriés » qui fut attribué à partir de 1962 à des gens qui n’avaient pas toujours la France comme patrie d’origine.
Certains Pieds-Noirs ne se reconnaissaient d’ailleurs pas comme rapatriés. Notamment ceux qui gardaient l’espoir de repartir en Algérie après leurs « vacances forcées ». Des organismes comme le Secours Catholique, considérant que la situation des Pieds-Noirs pouvait être temporaire, utilisait le mot « repliés » pour désigner le flot des réfugiés emportés par l’exode de 1962. Le PCF, assimilant globalement les Pieds-Noirs à l’OAS, utilisait aussi le mot « repliés » pour bien signifier qu’il souhaitait ardemment le retour des Pieds-Noirs en Algérie... Pour affiner le portrait complexe de la communauté pied-noire, il faut ajouter qu’elle est donc composée d’Européens (chrétiens ou athées), mais aussi de juifs séfarades. Écartelés entre France et Algérie, n’oublions pas le destin tragique des Harkis, les Français musulmans restés fidèles à la France.
Terminons cette présentation en donnant les raisons qui ont fait émerger le terme « Pieds-Noirs » dans la presse métropolitaine pendant la guerre l’Algérie, terme à présent validé par l’Académie française pour désigner les « Français d’Algérie ». Le terme vient probablement des chaussures portées par les Européens (belles chaussures noires des colons, godillots noirs des soldats du temps de la conquête, chaussures avec lesquelles les Pieds-Noirs jouaient au football...). Philippe Bouba mentionne également comme piste possible la teinture noire que les premiers colons mettaient sur leurs pieds pour lutter contre le paludisme.
Si 30.000 juifs séfarades partirent pour Israël, si d’autres Pieds-Noirs émigrèrent au Québec, en Argentine, en Australie, aux Antilles, en Espagne ou aux États-Unis, c’est dans les Pyrénées-Orientales que certains d’entre eux débarquèrent à partir du 27 mai 1962. Ce jour-là, le El Mansour, en provenance de Mers-el-Kébir, transportait neuf cents Pieds-Noirs qui accostèrent à Port-Vendres en chantant La Marseillaise et Le Chant des Africains. D’autres paquebots (El Djezaïr, le Kairouan, le Sidi-bel-Abbes, le Cazalet...), des cargos (le Canigou, le Rélizane...) et même des chalutiers (le Deux-Sourds, le Tout va bien, l’Émilia, l’Espérance...) firent traverser la mer à des milliers de familles qui n’emportaient avec elles que quelques valises. Parfois, des bateaux repartaient avec des soldats d’origine maghrébine démobilisés par l’armée française et reconduits dans leur pays devenu souverain pour y connaître un avenir plus qu’incertain...
Suite aux accords d’Évian, le gouvernement français avait prévu un exode massif à partir de toute l’Afrique du Nord. 400.000 rapatriés étaient attendus en quatre ans. Ce nombre fut atteint en six mois avec les seuls Pieds-Noirs d’Algérie. En 1962, près de 30.000 Pieds-Noirs arrivèrent dans les Pyrénées-Orientales. 15.000 s’installèrent à Perpignan, ville alors dirigée par Paul Alduy (père de « Chaussettes »), avec le soutien du Secours Catholique, puis d’associations de rapatriés, l’Anfanoma et le Ranfran. En citant des articles de l’Indépendant et du Travailleur catalan (journal du PCF dans les Pyrénées-Orientales) ou en recueillant des témoignages, Philippe Bouba montre que l’accueil des Pieds-Noirs par les « Patos » ne se fit pas sans heurts.
Les bals de village furent parfois agités et le climat politique était très tendu. Pour les militants anti-colonialistes du PCF ou du PSU, Pied-Noir rimait avec OAS ou, au moins, avec colon. La réalité était plus nuancée. Loin de la guerre civile prédite, les activités de la vingtaine d’individus de l’OAS-Métro à Perpignan se limitèrent à cinq plasticages et à quelques collages d’affiches. Quant à la « richesse » des Pieds-Noirs, Albert Camus, écrivain libertaire né en Algérie, avait pourtant, dès 1955, dans L’Express, expliqué que « 80% des Français d’Algérie ne sont pas des colons, mais des salariés ou des commerçants. Le niveau de vie des salariés, bien que supérieur aux Arabes, est inférieur à celui de la métropole. » Mais la caricature du Pied-Noir-colon « à cravache et à cigare » avait la peau dure.
L’historiographie sur ce sujet dans le Roussillon est pauvre. Philippe Bouba comble un vide avec un ouvrage proposant photos et documents originaux. Les témoignages vivants livrés par l’auteur donnent un relief intéressant à l’Histoire. Que ce soit un habitant de Port-Vendres, un ancien de l’OAS-Métro, une bénévole du Secours Catholique de Port-Vendres, des militants Pieds-Noirs anti-colonialistes (communistes, anarchistes, trotskyste), des Pieds-Noirs venus d’Alger, de Bône, de Ténès, de Beni-Saf, d’Oran..., tous apportent leur pièce au puzzle qui n’est pas prêt d’être terminé.
Parce qu’ils sont rarement mis en avant, saluons les témoignages de deux militants anarchistes Pieds-Noirs. Preuve que le couple Pied-Noir/OAS n’est pas une fatalité ! L’un, Miguel, fils d’un réfugié CNT-FAI espagnol, voyait d’un bon œil la rébellion algérienne contre le pouvoir colonial, mais n’envisageait pas de remplacer le propriétaire français par son homologue algérien. La religion et le recours au terrorisme creusaient aussi un fossé entre les anars espagnols et le FLN. S’ils n’adhéraient pas au mouvement insurrectionnel, les militants du Mouvement libertaire en exil opposaient néanmoins une résistance active aux agissements criminels de l’OAS.
Le second militant libertaire, Edward, avait 16 ans en 1962. Pour lui, le monde n’était pas partagé entre Français et Arabes, entre Pieds-Noirs et Patos, mais entre riches et pauvres, entre patrons et ouvriers. Il dénonce le ressentiment pied-noir qui rejette toujours la faute sur les gaullistes, les communistes, les Arabes… « Ils auraient dû tout mettre en œuvre afin de trouver ensemble, Français d’Algérie et Arabes, les solutions pour parvenir à vivre en harmonie, en autonomie, en autogestion, loin des schémas politiciens en provenance de métropole. À ce moment clef de leur Histoire, les Pieds-Noirs n’ont pas su se comporter en adultes, en êtres responsables. Il y a du reste de leur part, encore aujourd’hui, un véritable manque de réflexion sur leur situation actuelle. »
Philippe Bouba, L’Arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon en 1962, éditions Trabucaire, 178 pages. 15€.
Paco, membre de la Conspiration internationale des clowns radicaux, est journaliste, chroniqueur pour "Entre Algérie et France" et l’auteur de « Dansons la Ravachole ! » (roman noir et rouge) publié aux éditions Libertaires.mardi 25 août 2009
École normale supérieure lettres et sciences humaines
Porté par un groupe d’historiens de l’Algérie et du fait colonial, ce colloque a été organisé à Lyon, par l’Ecole normale supérieure Lettres et Sciences humaines, du 20 au 22 juin 2006.
Ce projet de colloque est né en France, à l’origine, du mouvement de protestation du collectif d’historiens qui s’est constitué contre la loi du 23 février 2005, notamment en son article 4. Il est fondé sur l’idée que la recherche et l’enseignement doivent rester libres de toute injonction politique. Il vise ainsi à promouvoir « l’histoire des historiens », laquelle reste souvent confinée dans les cercles restreints de l’université et autres instituts de recherche ; cela pour mettre à la disposition du public une histoire s’efforçant d’être honnête.
http://ens-web3.ens-lsh.fr/colloques/france-algerie
mercredi 12 août 2009
3ème Salon du SFPN
3ème Salon du Savoir-faire Pieds-Noirs, Mas de l’Ille au Barcarès (Pyrénées-Orientales) les 21, 22 et 23 août 2009.
Vendredi 21 à la Salle « La Rue »
Salle « La Rue », les exposants vous accueillent.
10h00 : ouverture du salon avec plus de cinquante stands : floralies, arboriculture, vins, artisans, artistes peintres, écrivains…
12h00 : apéritif offert
Restauration sur place : midi, Sardinade 15 €, soir, Paëlla monstre 20 €.
15h00 : danse Andalouses, danses basées sur le Chindaî, projections, animations
21h00 : « JEANMY chante Johnny», participation de 25 €
Samedi 22
10h30 : cérémonie Religieuse à la stèle avec Monseigneur BOZ
Restauration sur place : midi, Couscous royal à 22 € soir, buffet pied-noir à 18 €
14 h 30 : démonstrations, projections, animations…
21h00 : grand spectacle des « Los Machucambos », participation 22 €
Dimanche 23 au salon du Mas de L’Ille
11h00 : bénédiction célébrée à la mémoire de nos disparus
Restauration sur place : midi, Merguez Party à 15 €
lundi 13 juillet 2009
André Laude : « Pied-Rouge » en Algérie !
Complice des surréalistes, des anarchistes et des situationnistes, rebelle singulier surfant sur l’universalité du monde des vivants, André Laude (1936-1995) a été l’homme de plusieurs vies. Journaliste, sous son nom ou avec de multiples pseudonymes, pour Combat, Le Libertaire, Tribune socialiste, Jeune Afrique, Le Monde, Pilote, Les Nouvelles littéraires, Le Nouvel Observateur, Actuel, Politis, Le Fou parle, Art Tension, France Culture, Playboy…, André Laude a également été un poète fulgurant. La copieuse œuvre poétique publiée fin 2008 par les éditions de la Différence nous replonge dans une somme de textes parfois déroutants.
Révolté viscéral, André Laude a adopté bien des causes avec une extrême empathie. Dans sa chair et dans son sang, il pouvait être sincèrement Nègre, Amérindien, Breton, Occitan, Cubain, Espagnol, juif polonais, coolie en Asie… ou Kabyle. La guerre d’Algérie a été très concrètement le premier grand rendez-vous politique d’André Laude. Il a raconté la genèse de cet engagement dans le journal Combat les 8, 9 et 10 juin 1965. Articles qui seront prochainement réédités par l’association des Amis d’André Laude.
Au début des années 1950, André Laude se lia d’amitié avec Michel Donnet, l’un des fondateurs de la Fédération communiste libertaire (FCL) qui éditait Le Libertaire. Un vieux Kabyle militait au sein du groupe. Autour d’un couscous ou d’un verre de thé à la menthe, le jeune André se nourrissait de la tragique histoire algérienne en serrant les poings. Farouchement anticolonialistes, les militants de la FCL apportèrent leur soutien à Messali Hadj, le pionnier du nationalisme algérien. « Nous jetâmes – sans trop d’espoir – toutes nos forces dans la lutte pour entraîner les masses dans un soutien actif au combat des Algériens. Le Libertaire vint en tête des organes de presse saisis, ce qui, ajouté aux tracasseries policières de toutes sortes et à nos crises, allait bientôt amener à la disparition de la FCL. »
En 1956, ne voulant pas devenir l’un des bourreaux du peuple algérien, André Laude vivait à la frontière de la clandestinité, « prêt à disparaître au moindre signe inquiétant ». La classe ouvrière bougeait un peu, « pas assez pour imposer une paix révolutionnaire ». « Elle est fatiguée de la guerre, mais le sang de ses jeunes morts, au soleil des Aurès, ne l’écœure pas assez pour qu’elle s’empare des rues et arrache les pavés », regrettait André qui, avec ses camarades communistes libertaires, devint porteur de valises « bien avant que Francis Jeanson ne s’en souciât » et participa à des campagnes qui luttaient contre l’envoi de troupes françaises en Afrique du Nord.
Dans un entretien accordé à Thierry Maricourt pour L’Histoire de la littérature libertaire en France (Albin Michel. 1990), André Laude expliquait qu’il fut un jour arrêté à Paris, place de la Nation, et conduit dans un camp tenu par des parachutistes dans le Sud Sahara. Prisonnier, il aurait subi des traitements barbares. « Quand je m’effondrais sur le sol de la cellule, je me traînais jusqu’à la muraille. Les ongles griffaient la pierre chaude en quête d’une impossible humidité. J’avais les lèvres boursouflées. Ma poitrine fumait comme une forge. Je haletais. J’appelais ma mère au secours. Je crachais des mots sans suite… »
Échangé contre cinq officiers supérieurs français, André Laude a été libéré au bout de plusieurs mois d’enfer. Passant par Tunis, il reprit le travail de journaliste qu’il avait commencé à Combat. Ce révolutionnaire devenu « professionnel » partit à Cuba pour le compte des nationalistes algériens et revint en France pour reprendre une activité clandestine. De cette époque, datent des rencontres avec de nombreux militants et écrivains, dont Frantz Fanon et le « frère » Kateb Yacine, « le petit survivant de Sétif ».
L’Algérie gagna son indépendance, en 1962. « Que vais-je devenir ?, se demandait André Laude. J’ai trop vécu la lutte des Algériens pour retourner à mon train-train quotidien, poétique et alimentaire, alors que tout va commencer là, sous le soleil, au milieu des pierres. Car je ne doute pas de la révolution. Ce serait trop triste qu’un peuple ait combattu huit années pour s’arrêter à cette victoire. » Avec une lettre de ses amis Algériens de Paris serrée dans son portefeuille, « sésame magique pour entrer dans la grotte merveilleuse de la révolution », André Laude arriva à Alger en plein ramadan. Malgré l’islam « réactionnaire, abâtardi, pétrifié » qu’il découvre et qui « perpétue en Algérie la domination de l’homme sur la femme », André Laude sentait flotter la révolution dans l’air.
Aux terrasses des cafés, se mêlaient Algériens et « Français de gauche » qui avaient déserté Saint-Germain-des-Prés. On y croisait notamment Georges Arnaud, l’auteur du Salaire de la peur que Minute appelait « le Français le plus anti-français », Hervé Bourges, Jacques Vergès, Henri Alleg, Jean Sénac… Le « traître » André Laude a travaillé pour l’Algérie-Presse-Service, l’agence de presse nationale algérienne, jusqu’à la chute d’Ahmed Ben Bella, en 1965. À son retour en France, Laude passa en procès pour « collaboration avec l’ennemi ». André Breton vint témoigner en sa faveur.
La guerre d’Algérie n’eut pas de fin pour André Laude. Il l’exprima notamment, en octobre 1980, dans Le Fou parle, revue d’art et d’humeur animée par Jacques Vallet. André Laude y publia une effrayante nouvelle, La Guerre n’est pas finie. Le texte figure au dos de la page qui offre le poème Ephélène écrit par Benoist Rey, auteur du livre Les Égorgeurs, ouvrage édité par les éditions de Minuit en avril 1961 et aussitôt interdit (disponible à présent aux éditions Libertaires).
« Une fois sur deux quand je vais aux chiottes je chie du sang. Et ce sang me ramène là-bas. Là-bas : violences, sexes coupés à coups de tessons de bouteille, de canettes de bière plus précisément. » Les premières lignes de la nouvelle annoncent un texte vertigineux sur les tortures sexuelles infligées aux prisonniers par les soldats français. « Où sommes-nous ? Nous sommes quelque part dans le sud saharien, dans un trou perdu. Une vague palmeraie. Un espace cerné par le fil barbelé. Des postes de garde. C’est le Goulag en plein Maghreb. C’est un camp. Un camp ressemble toujours à un autre camp. Il y a les mêmes silhouettes de gardes armés, les mêmes profils durs, les mêmes crosses qui luisent sous la lune, les mêmes chiens-loups, les mêmes lumières crues qui balaient l’espace de l’agonie… »
Dans Comme une blessure rapprochée du soleil, les éditions La Pensée sauvage avaient déjà publié, en 1979, un poème d’André Laude sur le même thème. Le Viol de Nedjma est le sous-titre donné au texte intitulé La Guerre d’Algérie.
(…) Le livre des cicatrices
on n’en achève jamais la lecture
Elle se prolonge au-delà même du sommeil
qui est un vrai nid de flammes et de vipères.
André Laude, Œuvre poétique (avant-dire de Abdellatif Laâbi, préface de Yann Orveillon, cahier photo), éditions de la Différence, 752 pages. 49€.
Les Amis d’André Laude chez André Cuzon 12 avenue Dumont 93600 Aulnay-sous-Bois. Contact mail : acuzon[at]wanadoo.fr Adhésion : 15€ (minimum) donnant droit au Cahier André Laude.
Merci à André Cuzon pour le prêt des articles d’André Laude publiés dans Combat. Toute approche biographique d’André Laude s’accompagne de quelques précautions. Vous êtes cordialement invité-e-s à fournir des éléments qui pourraient aider à dessiner les méandres de cette saga tumultueuse.
Paco, 13 juillet 2009samedi 27 juin 2009
La guerre des mémoires
Eric Savarese est Maître de Conférences en Sciences politiques à l'université de Perpignan. Il a déjà publié L'Ordre colonial et sa légitimation en France métropolitaine. Oublier l'Autre (Paris, L'Harmattan, 1998), Histoire coloniale et Immigration (Paris, Séguier, 2002) et L'Invention des pieds-noirs (Paris, Séguier, 2002).
Eric Savarese. Algérie, la guerre des mémoires. Editions Non Lieu. Janvier 2007.
vendredi 26 juin 2009
Etudes coloniales
dimanche 31 mai 2009
L'arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon, en 1962
Moment majeur de notre histoire récente, la décolonisation et ses conséquences continuent d’être des éléments qui marquent nos sociétés. Ce phénomène mondial a eu dans notre pays un retentissement particulier. Car la France avait déployé – et parfois dévoyé - sa propre civilisation, pour faire de l’empire colonial un élément de la puissance française. Ce livre intervient dans un contexte particulier. D’abord, depuis une quinzaine d’années, l’historiographie de la guerre d’Algérie et de ses répercussions en Métropole s’est grandement étoffée. Il n’est plus possible de parler de tabous ou pire « d’histoire officielle » sur cette question.Notre département est au cœur de ces problématiques. Les Rapatriés d’Algérie ont été nombreux à s’y installer. Ils y sont un des groupes dynamiques de la population depuis un peu plus de 45 ans. Les débats houleux qui existent autour de la construction, à Perpignan, d’un Centre de documentation sur la présence française en Algérie, montre que les enjeux restent très forts dans le domaine de la guerre d’Algérie et de ses diverses conséquences.
Pour cette raison, ce livre, fruit d’une initiation à la recherche effectuée dans le cadre du Master Sciences de l’homme et humanités de l’Université de Perpignan Via Domitia, est fort utile. Il est l’œuvre de Philippe Bouba, jeune historien, fils et petit fils de Pied-Noir. Il a choisi de s’intéresser de près à l’année 1962, à l’impact des événements d’Algérie et à l’accueil des Rapatriés dans les Pyrénées-Orientales. Il reconstitue les faits en n’hésitant pas à pointer les contradictions des uns et des autres.
Étudiant de l'Université de Perpignan Via Domitia de 1998 à 2004, Philippe Bouba a obtenu une Maîtrise et un Master Recherche d'histoire contemporaine. Son axe de travail universitaire était les Rapatriés d'Algérie dans les Pyrénées-Orientales. Actuellement, enseignant dans un Institut Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique, il continue ses recherches sur la question coloniale.
- Philippe Bouba. L'arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon, en 1962. Editions Trabucaire. Préface de Nicolas Marty et d'Eric Savarese. Mai 2009.
mercredi 20 mai 2009
"D’une Rive, l’Autre : Chroniques Oranaises"
D'une Rive, l'Autre est la saga d'une famille espagnole à Oran, suivant les mouvements d'Histoire de l'Algérie, durant 132 ans. Une Histoire qui fera mêler les peuplements et s'enraciner les individus, les menant de génération en génération, d'enthousiasmes en déconvenues, jusqu'à l'exil en 1962...Marie-Hélène Carbonel, D’une Rive, l’Autre. Chroniques Oranaises, Editions du Compas, mai 2009.
vendredi 24 avril 2009
Conférence de Benjamin Stora et Mohammed Harbi à Alger
Écrire l'histoire de l'Algérie contemporaine
conférence au Centre culturel d'Alger
le mardi 28 avril 2009
"La guerre d'indépendance algérienne : usages de ce passé en France, entre histoire et mémoire."
Depuis une quinzaine d'années, la connaissance de la séquence "guerre d'indépendance algérienne" s'est considérablement développée en France, notamment à la suite de travaux universitaires portant, par exemple, sur les images de cette guerre, les refus d'obéissance ou l'activité politique des immigrés algériens.
Mais ce qui frappe, provoque l'interrogation, c'est que cette histoire savante n'arrive pas à freiner les usages abusifs du passé s'exprimant par la puissance des revendications mémorielles, quelquefois portées par des nostalgiques du temps colonial.
Qu'il s'agisse du passé lointain ou du passé proche, une série de débats se sont organisés autour des lois mémorielles, des conflits entre groupes porteurs de la mémoire de l'Algérie. Vingt ans après la rédaction de mon ouvrage, La gangrène et l'oubli, la mémoire de la guerre d'Algérie, cette communication présente les divers aspects de ces conflits qui affectent le statut du travail historique.
Mohammed Harbi.
"Connaissance de l'Algérie à l'épreuve de l'histoire contemporaine."
Où en sommes-nous dans l'écriture de l'histoire contemporaine de l'Algérie ? Comment a été élaborée son historiographie ?
Comment mettre de l'ordre dans le "commerce des idées usagées" ? Que faire du passé colonial ? Comment affirmer et consolider l'émergence du métier d'historien ?
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Benjamin Stora est né à Constantine. Il est professeur d'histoire du Maghreb à l'université de Villetaneuse (Paris XIII). Il a publié une vingtaine d'ouvrages portant principalement sur l'histoire de l'Algérie contemporaine. Le dernier a pour titre : Les guerres sans fin. Un historien, la France et l'Algérie.
Mohammed Harbi a été maître de conférence en sociologie à l'université Paris VIII (Saint-Denis). Il ets l'auteur de nombreux ouvrages de références sur l'histoire de la révolution algérienne.
Modérateurs : Ouanassa Siari Tengour, maître de conférence à l'université Mentouri de Constantine, et Abdelmajid Merdaci, maître de conférence à l'université Mentouri de Constantine.
mardi 31 mars 2009
Idées reçues, les Harkis

- Les Harkis, Le Cavalier bleu, collection Idées reçues, 2008, 128 p.
Fatima Besnaci-Lancou est éditrice et auteure de plusieurs ouvrages sur l'histoire et la mémoire des familles de harkis. Elle a reçu le prix Séligman 2005 contre le racisme. Abderhamen Moumen est historien et chercheur, spécialisé sur la question des rapatriés d'Algérie et des harkis.
jeudi 5 février 2009
Idées reçues, les Pieds-Noirs

Jean-Jacques Jordi, docteur en histoire et spécialiste des migrations en Méditerranée occidentale aux XIXe et XXe siècles, dirige actuellement le Mémorial national d’outre-mer à Marseille. Il revient ici sur de nombreux de clichés qui occultent une histoire souvent douloureuse.
- Les Pieds-Noirs, Jean-Jacques Jordi, Le Cavalier Bleu, coll. Idées Reçues, 2009.
samedi 27 décembre 2008
Magazine "Entre Algérie et France"
jeudi 18 décembre 2008
Mario Ferrisi

1/ Quelle est l'origine de votre arrivée en Algérie ? A quelle époque date l'installation de votre famille en Algérie ?
- Venant de Tunisie, mes parents sont arrivés en Algérie en 1946. Nous sommes d'origine italienne (région dAgrigente Sicile)
2/ Quels étaient vos liens avec les Algériens lorsque vous étiez enfant puis adulte ?
- Nous habitions à Maison-Carrée (10 kms dAlger). Plus précisément à la frontière entre les quartiers musulmans et la ville elle-même. Par conséquent, j'ai vécu toute mon enfance et mon adolescence auprès de mes camarades arabes. Nos rapports étaient excellents. Je les ai tous revus lors de mon dernier voyage en Algérie. Nous avons été reçus comme des frères, chez l'habitant. Nous continuons d'ailleurs à correspondre.
3/ Quelles ont été les conditions de travail de votre famille en Algérie ?
- Nous étions des « français moyens ». Mon père était contremaître dans une usine de produits chimiques (la SAPCE) où il jouissait dune grande estime auprès de ses collaborateurs algériens, avec lesquels il entretenait d'excellents rapports.
4/ Cinq mots commençant par la première lettre de votre prénom ?
- Méditerranée Maghreb Manuscrit Méditation Molière
5) Faîtes moi part d'un de vos souvenirs d'Algérie ?
- Des milliers de souvenirs heureux et malheureux. Un de ceux-là : nos WE et les grandes vacances épiques passées en bord de mer, au « Bateau-Cassé » près de Fort de l'Eau.
6/ Lindépendance était-elle inévitable ?
- Avec du recul, oui. Mais à cette époque, comme la majorité des jeunes PN, je rêvais dune Algérie française fraternelle. Ce n'était malheureusement qu'un rêve.
7/ Que pensez-vous des gros propriétaires terriens "colons" français ?
- Là je suis mitigé. Certes ils ont contribué à faire prospérer le pays, mais à quel prix. Ils sont responsables de beaucoup d'injustice. Et puis, ils n'ont eu aucun mal à transférer leur fortune dans l'hexagone, bien avant l'indépendance d'ailleurs. Ce ne fut évidemment pas le cas des 90 % de la population européenne restante (essentiellement ouvriers, employés, cadres).
8/ Quels sont vos sentiments à propos de lOAS ?
- Un des buts de lOAS était de retrouver la fraternité du 13 mai 58 et de défendre le mythe « Algérie française » Par la suite, elle devint féroce et aveugle, ensanglantant de façon dramatique la fin de la guerre. Elle précipita le départ des français.
Bilan des massacres de CIVILS, égorgements, etc... des deux camps :
L'OAS a tué environ 2000 personnes civiles
Le FLN a tué 5463 civils (2788 européens + 2675 disparus)
Le FLN a tué 29674 civils (16378 français musulmans + 13296 disparus)
Le FLN a massacré après le cessez le feu entre 15000 et 100000 Harkis désarmés
(chiffres officiels confirmés sur Wikipedia)
9/ Que pensez-vous de De Gaulle ?
- Opinion mitigée : durant « la période des mensonges » 58/62, des centaines d'hommes et de femmes sont morts alors que la guerre était militairement gagnée et quil savait que l'Algérie allait être offerte sur un plateau. Après l'indépendance, résolument tourné vers l'Europe et le monde, il s'est avéré être l'un des meilleurs hommes détat que la France ait jamais eu.
10/ Cinq mots pour définir votre Algérie ?
- Mon Algérie : Beauté Richesse Soleil Fraternité - Concorde
Je citerais aussi la déclaration de juin 2005, d'Hocine Aït Ahmed, dirigeant historique de l'insurrection FLN en 1954, à laquelle je souscris pleinement :
« Les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du Nord bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd'hui égémonistes ».
« Avec les Pieds-noirs et leur dynamisme je dis bien les Pieds-Noirs et non les Français l'Algérie serait aujourd'hui une grande puissance africaine, méditerranéenne. »
11/ Quest-ce quune personne déracinée selon vous ?
- C'est quelqu'un qui ne s'intègre pas dans une société.
12/ Que pensez-vous du FLN ?
- Il est demeuré, avant et après 1962, un parti totalitaire et sanguinaire. Les actualités récentes le confirment tristement.
13/ Que pensez-vous des français de métropole lors de la guerre dAlgérie ?
- A cette époque, hormis de son pétrole et de ses ressources naturelles, la majorité des français de métropole se fichait complètement de l'Algérie et de ses habitants.
14/ Faîtes moi part de vos conditions d'arrivée en métropole ?
- Elles ont été correctes, sans plus. Le premier souci de ma famille : trouver un emploi et un gîte.
15/ Lors de cette arrivée par quoi avez-vous été vous le plus surpris ?
- Le froid du climat, le froid des curs, la lourdeur des consciences.
16/ Quelles ont été vos déceptions ? Quelles étaient vos aspirations lors de larrivée en métropole ?
- Se reconstruire sans l'aide de quiconque.
17 / Avez vous un message à faire passer aux Algériens ?
- Quil ne sert à rien de tenter de refaire cette guerre après un demi-siècle. Que jai toujours aimé les peuples arabe et kabyle, avant et après 1962. Cest pour cela que je nai jamais eu de sang sur les mains. Ils restent mes frères. J'aurais tant aimé rester là-bas. L'Algérie est si magnifique.
18/ La France (la métropole) est-elle après toutes ces années votre pays ? Expliquez pourquoi ?
- Je suis un fils dimmigré. La France est, par défaut, ma nouvelle terre d'accueil, puisque mes racines et mon coeur sont restés au Maghreb.
19/ Quest-ce que l'intégration selon vous ? Les Pieds Noirs ont-ils été intégrés ? Sil y a eu intégration ou sil ny a pas eu intégration, quelles en sont les raisons selon vous ?
- L'intégration sest faite naturellement, puisque Européen. Cest plus difficile pour les gens de couleur et les Maghrébins. A présent, cest un fait, nous vivons dans une société multiraciale et cela ne me dérange pas outre mesure. Seul hic : la montée des intégrismes et du communautarisme. Je crois que nous devons demeurer vigilants.
20/ Par quoi avez-vous envie de terminer votre E-terview ?
- Je terminerais par un souhait concernant les médias en général. Qu'ils ne succombent pas au phénomène de mode qui consiste à s'associer systématiquement aux sirènes de la repentance à sens unique, dautant que la plupart du temps ils ne connaissent rien de l'Histoire avec un grand H. Les guerres sont des cataclysmes avec leur cortège d'horreurs et ceux quil faut condamner ce sont les hommes politiques qui les déclenchent et qui les alimentent. Ce sont toujours les peuples qui souffrent et qui paient leur lourd tribut. Dans ce cas précis, cest ce grand peuple dAlgérie, les Juifs, les Kabyles, les Arabes et les Pieds-noirs, si affreusement torturé, si honteusement manipulé.
Site officiel de Mario Ferrisi, écrivain - romancier
samedi 6 décembre 2008
Jean Paul Gavino
Italienne - Espagnole - Française entre 1835 et 1840.
2/ Quels étaient vos liens avec les Algériens lorsque vous étiez enfant puis adulte ?
Amicales - Fraternelles - mes parents aussi.
A l'école, sur les stades partout où se retrouvent les enfants.
3/ Quelles ont été les conditions de travail de votre famille en Algérie ?
Très dures papa était petit fonctionnaire de mairie à Médéa et maman était representante des Galeries Lafayette de Paris (vente par correspondance) 6 enfants et on avait pas toujours de bois pour se chauffer l'hiver.
4/ Cinq mots commençant par la première lettre de votre prénom ?
Joie-Justice - Jeunesse- Juste- Justement
5) Faîtes moi part d'un de vos souvenirs d'Algérie ?
Pleins, remplis de bons souvenirs durant mon enfance et terribles lors de mon adolescence -( attentats - sang- carnage- enlèvements - bombes- grenades-le département de Médéa etait très chaud "willaya 4". Mais j'en garde que du bonheur malgré tout çà.
6/ L’indépendance était-elle inévitable ?
Peut être mais pas de cette façon. les Algériens indépendantistes se sont trompés d'ennemis . Nous étions pour eux les représentants de La France . Mais pour moi avec le recul la guerre d'Algérie a été surtout une guerre de religion ( date de l'insurrection 1° novembre) la Toussaint (fêtes des morts) chez les Chrétiens. Cela est un symbole...
7/ Que pensez-vous des gros propriétaires terriens colons" français ?
Cette question me fait sourire : pourquoi n'y aurait il pas eu des riches en Algérie . Des colons - des avocats- des medecins - des chirurgiens comme en France et ailleurs. Pour votre gouverne personnelle chez les musulmans " les Tamzali" (huileries d'Alger) les Saffar ( Medea) les Mokbat( Medea) les Mergoub (Medea) beaucoup de ces familles algériennes étaient plus riches que beaucoup de familles de Français d'Algérie "chrétiens ou juifs d'ailleurs".
8/ Quels sont vos sentiments à propos de l’OAS ?
Ce sont les derniers résistants de l'algérie Française - mais comme vous le savez " honte aux perdants et gloires aux gagnants . Les gens de l'ALN ont gagné la guerre (politiquement) ils sont pour le peuple algérien devenus "RESISTANTS" alors qu'ils étaient terroristes pour la France . Les militants OAS sont pour les Pieds Noirs des résistants et pour les Français de France et les Algériens des terroristes. Les symboles des mots peuvent changer en fonction des victoires ou défaites .
9/ Que pensez-vous de De Gaulle ?
Rien que lire ou prononcer son nom me donne des boutons . C'est le mot à ne jamais prononcer pour les Pieds Noirs et Harkis.C'est lui le traitre à notre cause commune : à tous les algériens ou français d'algérie de l'époque toutes religions confondues. C'est lui qui est la cause de notre exil et la cause de prise du pouvoir du FLN en Algérie . HONTE A LUI ET A SA MEMOIRE.
10/ Cinq mots pour définir votre Algérie ?
AMOUR - RACINES - PAYS - SOLEIL - CIEL.
11/ Qu’est-ce qu’une personne déracinée selon vous ?
C'est une personne qui a quitté son pays contre son gré, qui ne pourra plus revivre dans son pays d'origine . Un exilé perpétuel.
12/ Que pensez-vous du FLN ?
Celui de tous les malheurs de tous les Algériens ( le divorce entre nous tous- la fin qui ne justifie pas les moyens extrèmes qu'ils ont mis en pratique ; la lachete des attentats - la mort d'innocents de toutes origines. La première victoire d'un frange terroriste qui a eu le pouvoir et qui l'a encore. Depuis ils ont fait des émules dans le monde entier. C'est eux qui ont lancé le TERRORISME PLANETAIRE...
13/ Que pensez-vous des français de métropole lors de la guerre d’Algérie ?*
Bof bof cela veut tout dire. Très peu se sont intéressés à nous mais le peu était vraiment formidable.
14/ Faîtes moi part de vos conditions d’arrivée en métropole ?
Dur, très dur le malheur sur notre tête.
15/ Lors de cette arrivée par quoi avez-vous été vous le plus surpris ?
Que la France était moins bien équipée que certaines villes d'Algérie.
16/ Quelles ont été vos déceptions ? Quelles étaient vos aspirations lors de l’arrivée en métropole ?
Que déceptions- tristesse- rancoeur tous les mots excessifs que l'on ressent dans une mère patrie ingrate à notre égard.
17 / Avez vous un message à faire passer aux Algériens ?
Oui qu'ils apprennent leur histoire avec nous. Bien sur il y a des zones d'ombres mais beaucoup de zones blanches . Quand les découvreront-ils? Si l'on était restés ensemble l'Algérie serait la Californie.
18/ La France (la métropole) est-elle après toutes ces années votre pays ? Expliquez pourquoi ?
JAMAIS NOTRE PAYS EST L' ALGERIE et notre patrie était la France. Mais depuis toutes ces années, pour moi la France n'est plus ma patrie et l'algérie reste mon pays . Je suis un exilé sans patrie , je n'ai pas de nation, plus de pays , je suis un Palestinien...de l'époque...
19/ Qu’est-ce que l’intégration selon vous ? Les Pieds Noirs ont-ils été intégrés ?
S’il y a eu intégration ou s’il n’y a pas eu intégration, quelles en sont les raisons selon vous ? intégration oui dans le travail la réussite la famille mais pas de liens très très forts avec les patos (Français métropolitains)...
20/ Par quoi avez-vous envie de terminer votre E-terview ?
UN GACHIS, UN ENORME GACHIS FAIT PAR DES HOMMES SANS SCRUPULES QUI ONT FAIT LEUR COMBAT AUSSI BIEN EN FRANCE QU EN ALGERIE UN COMBAT IDEOLOGIQUE EN OUBLIANT TOUT SIMPLEMENT LES HOMMES ET LEURS HISTOIRES INTIMES FAITES D AMITIES DE RACINES DE TRAVAIL DE PAIX ET TOUT SIMPLEMENT D AMOUR. ILS NOUS ONT SEPARES ET C'EST LEUR PLUS GRAND CRIME QU'ILS ONT COMMIS.
5 décembre 2008

